Le ministère de la Justice américain intensifie sa répression
Le ministère de la Justice américain (DOJ) a intensifié sa répression contre les efforts de la Corée du Nord pour recruter des travailleurs informatiques dans des entreprises américaines. Plus de 100 entreprises auraient involontairement versé des salaires au régime de Kim Jong Un, via un système élaboré utilisant des « fermes d’ordinateurs portables ».
Opérations sophistiquées détectées
Dans une annonce faite lundi, le DOJ a révélé avoir saisi plusieurs centaines d’ordinateurs et accusé 13 personnes d’avoir incité ces entreprises à payer illégalement la Corée du Nord. Selon l’accusation déposée au tribunal fédéral du Massachusetts, environ 100 sociétés basées à Washington D.C. et dans 27 États ont été trompées par un réseau organisé. Ces sociétés non identifiées incluraient des entités du Fortune 500 ainsi qu’un entrepreneur en défense en Californie lié à des technologies militaires sensibles.

Processus frauduleux bien rodé
Les enquêteurs ont découvert que depuis 2021 jusqu’en 2024, deux citoyens américains collaboraient avec des agents nord-coréens pour usurper les identités de plus de 80 Américains, créant ainsi de fausses identités qui permettaient à des Chinois et Taïwanais vivant hors des États-Unis de se faire passer pour des travailleurs informatiques. Une fois engagés, ils demandaient l’envoi d’ordinateurs portables dans diverses localités du New Jersey, New York et Californie. Cependant, ces adresses cachaient en réalité des « fermes d’ordinateurs portables » ayant accès à Pyongyang.
Actions judiciaires menées avec force
Près de 29 fermes présumées sur tout le territoire américain ont été attaquées par les forces de l’ordre. Les procureurs affirment que Wang Zhengxing, figure clé dans ce réseau clandestin, aurait accueilli l’un des opérateurs sous couvert d’une fausse entreprise technologique nommée « Tony WKJ » pour encaisser ces faux salaires. Wang fait face à cinq chefs d’accusation tandis qu’un autre citoyen américain impliqué, Kejia Wang, est actuellement libre. Au total, leurs activités auraient généré près de 696 000 euros en versements provenant directement de la Corée du Nord.
Crime organisé sous haute surveillance
Quatre autres ressortissants nord-coréens sont également inculpés dans un dossier distinct devant le tribunal nord géorgien pour avoir prétendu être employés aux États-Unis tout en blanchissant leurs gains illégaux et dérobant données sensibles et crypto-monnaies auprès de leurs employeurs. John Eisenberg, procureur général adjoint chargé de la Division sécuritaire nationale, a souligné : « Ces régimes ciblent et volent des entreprises américaines [.] pour financer les programmes illicites du régime nord-coréen ». Les autorités américaines avertissent qu’il s’agit là d’un plan concerté visant non seulement à tromper le secteur privé mais aussi à alimenter potentiellement le développement militaire pyongyangais. Cette situation met donc une nouvelle fois en lumière les défis persistants liés aux cyberfraudes orchestrées par certains États-nations, nécessitant vigilance élevée tant sur le plan économique que sécuritaire.