Le 1er juillet 1995, Pavlos de Grèce et Marie-Chantal Miller, héritière d’une fortune considérable, se sont unis à Londres lors d’une cérémonie qui a marqué les esprits. Leur rencontre parrainée trois ans plus tôt par un ami à La Nouvelle-Orléans a débouché sur une célébration accueillie par de nombreuses familles royales européennes malgré les controverses politiques en Grèce.
Une union synonyme d’espoir pour des monarchies déchues
Le mariage s’est déroulé dans la cathédrale orthodoxe Sainte-Sophie en présence de personnalités prestigieuses telles qu’Elizabeth II, Carl XVI Gustaf de Suède, Albert de Belgique ou encore Willem-Alexander des Pays-Bas. Cette affluence révèle l’importance symbolique du jeune prince dont la mère, Anne-Marie, est issue de la famille royale danoise, tout comme son père déchu du trône grec.

Marie-Chantal a quitté sa foi catholique seulement un mois et demi avant l’événement, marquant ainsi son engagement envers la tradition orthodoxe. Elle était vêtue d’une robe signée Valentino et portait le célèbre « Antique Corsage tiara », une pièce emblématique portée par plusieurs mariées royales grecques auparavant.
Pour l’échange des alliances, Pavlos avait choisi son cousin, le futur Felipe VI, comme témoin notable.
Controverse politique autour d’un faste affiché
L’opulence des festivités n’a pas été du goût du gouvernement grec dirigé par Andréas Papandréou, lequel voyait dans cette union une tentative d’affirmer la légitimité d’une monarchie abolie depuis 1974. Le gouvernement accusait ainsi l’ex-famille royale d’attenter aux résultats du référendum ayant entraîné cette abolition.
Malgré ces critiques acerbes, Pavlos et Marie-Chantal ont poursuivi leur vie familiale avec bonheur. Un an et 24 jours après leur mariage, ils deviennent parents de leur première fille, la princesse Maria Olympia. Au total, ils auront quatre fils : les princes Konstantinos Aléxios, Achileas Andréas, Odysséas Kimon et Aristidis Stavros. Tous sont nés entre Londres et les États-Unis où la famille ne retrouvera ses droits grecs que dans les années 2010.
Vers un avenir incertain pour la monarchie grecque
La mort récente du roi Constantin en janvier 2023 a fait rejaillir certaines ambitions monarchiques au sein de Pavlos qui devient prétendant officiel au trône. Toutefois il admet lors d’un entretien télévisé que « la question de la monarchie est enterrée comme elle l’est pour tous les Grecs ».
En décembre 2024, un tournant administratif permet à sa famille de récupérer officiellement leur nationalité originelle ainsi que le patronyme « de Grèce », ajoutant une nouvelle dimension à l’héritage royal cryptique mais toujours présent dans le cœur des Hellenes.