Le 22 janvier 1901, à 18h30, la reine Victoria s’éteint à l’âge de 81 ans à Osborne House sur l’île de Wight. Elle était entourée par son fils aîné, le futur roi Edward VII, et l’empereur d’Allemagne Guillaume II. Son règne, débuté le 20 janvier 1837, fut marqué par des événements marquants et des tentatives d’assassinat.
Un premier attentat manqué dès ses débuts
La vie de Victoria fut menacée très tôt dans son règne. En 1840, alors qu’elle est enceinte et âgée de seulement 21 ans, elle échappe à un attentat. Le 10 juin, Edward Oxford tente de tirer sur la souveraine depuis un trottoir près du palais de Buckingham, mais rate sa cible. Les archives royales rapportent qu’« aucune balle ne fut jamais retrouvée » et Oxford est acquitté pour raisons mentales.

Des attaques récurrentes
Après cet incident inaugural, Victoria survivra à sept autres tentatives d’assassinat tout au long de son règne. Un moment décisif survient le 29 mai 1842, lorsque John Francis tire sur elle sans succès alors qu’elle rentre chez elle en calèche après avoir assisté à une cérémonie religieuse avec son époux. Il retente sa chance le lendemain mais est arrêté avant d’agir.
Accusé pour trahison et condamné à mort par pendaison puis gracié par la reine, Francis sera exilé en Tasmanie.
Un acte désespéré pour retrouver une vie meilleure
En 1849, William Hamilton tire sur Victoria pendant une promenade royale. L’attaquant explique plus tard qu’il souhaitait simplement être emprisonné pour échapper au chômage. Ce qui lui vaut sept ans dans les colonies britanniques.
Une attaque physique sous l’œil du public
Le moment où Victoria est réellement blessée intervient le 27 juin 1850, lorsque Robert Pate l’agresse avec sa canne lors d’un déplacement officiel. Bien que saisie par cette attaque qui laisse une cicatrice au front, elle sort indemne du choc; Pate sera incarcéré durant sept ans en Tasmanie.
Tentative désespérée d’un jeune Irlandais
Un autre attentat sévit dix ans plus tard : Arthur O’Connor tente en vain de tuer Victoria avec un pistolet le 29 février 1872. Il espérait obtenir ainsi la libération des nationalistes irlandais mais se voit neutralisé rapidement.
L’intervention héroïque des élèves d’Eton
La dernière attaque survient le 2 mars 1882 lorsqu’un Écossais nommé Roderick Maclean tire sur la reine à Windsor. Sa vie est sauvée grâce aux interventions courageuses de deux élèves du collège voisin d’Eton qui réussissent à maîtriser Maclean avant que les conséquences ne soient fatales.
Maclean sera jugé « non coupable mais aliéné » et interné dans un hôpital psychiatrique.
Ces événements témoignent des dangers auxquels faisait face quelqu’un ayant régné pendant plus de six décennies, un parcours royal jonché non seulement de succès politiques mais aussi ponctué par une constante menace envers sa vie et celle du trône britannique.