Tiphaine Véron, une Française disparue depuis le 29 juillet 2018 au Japon, n’a toujours pas été retrouvée. À l’approche du cinquième anniversaire de sa disparition, sa famille continue de se mobiliser malgré le manque de progrès significatifs dans l’enquête menée par la police japonaise.
La recherche infructueuse
Assistante scolaire vivant à Poitiers et passionnée de culture nippone, Tiphaine Véron a été vue pour la dernière fois alors qu’elle visitait Nikko, une ville touristique située à environ 150 kilomètres au nord de Tokyo. Ses affaires personnelles ainsi que son passeport ont été retrouvés dans sa chambre d’hôtel. Malheureusement, les efforts des enquêteurs locaux ne semblent pas avoir abouti.

« L’enquête n’a pas donné de résultats probants », déplore Damien, le frère de Tiphaine, qui s’est rendu sept fois au Japon pour avancer dans cette affaire. La police locale privilégie la piste accidentelle selon les proches de la disparue, mais celle-ci reste jugée peu crédible par sa famille.
Un appel à la coopération internationale
Depuis 2023, l’affaire est suivie par le pôle « cold cases » du tribunal judiciaire de Nanterre en France. Une commission rogatoire internationale est en cours grâce à la juge d’instruction Sabine Khéris qui espère se rendre prochainement au Japon pour faire avancer les investigations.
Me Jessica Finelle, avocate des Véron, souligne que « nos chances s’amenuisent de la retrouver à mesure que le temps passe ». Elle exige également des autorités japonaises « de prendre toute la mesure de l’urgence » concernant ce dossier encore ouvert.
Deux députés et le maire de Poitiers ont récemment écrit une lettre au président Emmanuel Macron pour solliciter son intervention : « Sans une initiative forte, ce combat risque de rester sans enjeu », mettent-ils en garde.
De plus, le comité des disparitions forcées des Nations Unies a incité le gouvernement japonais à conduire une enquête approfondie sur cette affaire sans précédent.
L’immobilisme dénoncé
Malgré ces démarches officielles et un documentaire intitulé « L’Air mouillé », réalisé par Cécile Juan, amie d’enfance et co-démarcheuse avec Damien, qui retrace leur quête incessante d’indices sur place, les luttes demeurent souvent vaines face aux lourdeurs administratives japonaises.
« Lors d’une première réunion avec la police, c’était le monde à l’envers », s’insurge Cécile Juan, illustrant ainsi les obstacles auxquels ils font face dans leurs recherches. De son côté Damien Véron exprime son incapacité à faire son deuil tant qu’il n’obtient pas information sur le sort réservé à sa sœur : « On a dû être diplomates, mais on a mis de côté notre statut victime ».
Damien prévoit déjà un huitième voyage cet été pour continuer cette investigation haletante axée autour d’un appel à témoins en japonais et d’une future inauguration d’une statue dédiée à Tiphaine dans cette même ville où elle a disparu.
Les familles des disparus comme celle-ci rappellent l’importance cruciale du soutien commun entre nations afin que justice soit faite et que chaque vie comptent vraiment aux yeux du monde entier.