Trois projets innovants ont récemment émergé, s’efforçant de mobiliser l’épargne des citoyens en faveur de la transition écologique. Hectarea, Cerf Vert et Vasco offrent chacun un modèle d’investissement unique, permettant aux particuliers de contribuer à des causes environnementales tout en espérant un retour sur investissement.
Hectarea : participer à la préservation des terres agricoles
Face à une future retraite imminente pour un exploitant agricole sur deux dans les dix prochaines années, Hectarea aide à assurer la relève. Cette initiative permet aux particuliers d’investir en ligne dans des terres cultivées selon des méthodes respectueuses de l’environnement. Le modèle repose sur le fait que le foncier est pris en charge par un tiers qui reverse un loyer estimé à 3% par an. Paul Rodrigues, cofondateur d’Hectarea, souligne : « Les projets financés correspondent soit à des installations, soit à des transmissions intrafamiliales où l’exploitant n’a pas les moyens de reprendre les parts de ses cousins ».

Les investissements se réalisent via des obligations émises par Hectarea La Foncière qui acquiert les terrains sélectionnés. Outre les loyers perçus mensuellement, les épargnants peuvent bénéficier d’une plus-value lors de la revente de leur parcelle, avec un montant minimal fixé à 500 Euros. En outre, Paul Rodrigues aspire à « reconnecter les particuliers avec les agriculteurs qui les nourrissent », encourageant ainsi une implication directe via la plantation de haies et l’achat local.
Cerf Vert : devenir copropriétaire de forêts gérées durablement
Cerf Vert se positionne comme un acteur clé dans le financement acquisitif et durable des forêts françaises. L’objectif ? Préserver la biodiversité, capturer davantage de CO2 et promouvoir une sylviculture mélangée intégrant le couvert continu. Max Senange, cofondateur du projet révèle : « En achetant des parts de la foncière, vous devenez copropriétaire d’un ensemble de massifs répartis sur tout le territoire ».
La gouvernance démocratique permet chaque actionnaire d’avoir une voix lors des assemblées générales mais limite également la détention capitalistique individuelle à 10%. De plus, Cerf Vert ne contracte aucun emprunt bancaire afin d’éviter toute exploitation excessive forestière pour remboursement. La vente du bois favorise aussi les scieries locales, contribuant ainsi au stockage prolongé du CO2.
Concernant la rentabilité attendue insignifiante (1% par an), l’agrément « entreprise solidaire d’utility sociale » (Esus) obtenu en 2024 offre aux souscripteurs une réduction fiscale égale à 25% du montant investi lorsqu’ils conservent leurs parts pendant cinq ans.
Vasco : financer des rénovations énergétiques d’ampleur
Vasco propose une méthode novatrice pour financer les travaux nécessaires aux rénovations énergétiques. Plutôt que puisser dans son épargne ou demander un prêt traditionnel, le propriétaire peut céder une part décotée de son logement contre 100% du coût jusqu’à 100 000 Euros pour réaliser ces travaux.
Hervé Degrève, cofondateur du projet explique que « La foncière diversifie ses investissements… Les biens dont la valeur s’apprécie grâce aux travaux réalisés sont revendus en moyenne en 5 à 8 ans ». Ce processus renforce également les liquidités disponibles permettant alors aux investisseurs éventuellement revendre leurs parts au bout de trois ans. Avec une espérance de rentabilité fixée autour de 5% par an hors avantage fiscal grâce au statut Esus octroyé, cette solution originale incite davantage à l’investissement même dans certains contextes collectifs tels que les copropriétés parfois insuffisamment financées.