Le coût des chasseurs F-35 canadiens atteint 25 milliards d’euros.
Le prix de l’achat de 88 chasseurs F-35 par le Canada a considérablement augmenté, passant de 17 à 25 milliards d’euros. Selon la vérificatrice générale du Canada, Karen Hogan, cette hausse est due à des données obsolètes et des facteurs économiques divers.

D’après le dernier rapport de Karen Hogan, la vérificatrice générale du Canada, le coût total pour l’acquisition des F-35, initialement estimé à 17 milliards d’euros en 2022, a grimpé à 25 milliards d’euros, représentant une augmentation de 46%. Cette augmentation est en partie due à l’utilisation de données jugées « obsolètes » datant de 2019 pour établir le premier montant. Karen Hogan précise que des chiffres actualisés étaient disponibles au moment de l’achat.
Les raisons évoquées pour justifier cette augmentation des coûts incluent également l’inflation, les fluctuations du dollar canadien, ainsi qu’une hausse généralisée des matières premières. Il convient également de noter que les 25 milliards d’euros annoncés n’incluent pas les 5 milliards d’euros nécessaires pour moderniser les infrastructures militaires au Canada.
Un autre défi majeur identifié dans ce rapport concerne la pénurie de pilotes qualifiés dans les forces armées canadiennes. Ce problème perdure depuis 2018 et ne semble toujours pas être résolu. Karen Hogan avertit que « sans mesures urgentes, le Canada risque de ne pas disposer des effectifs nécessaires pour opérer pleinement sa flotte d’ici 2033 ».
Cette situation relance un débat plus large sur la gestion des grands projets d’armement au Canada alors que le pays se prépare à accueillir une réunion du G7 tout en étant sous pression pour augmenter ses dépenses militaires. L’acquisition controversée des F-35 pourrait devenir un symbole illustratif des difficultés rencontrées par Ottawa dans sa quête pour moderniser son armement face à un contexte financier tendu.
David McGuinty, ministre canadien de la Défense, a réagi aux conclusions du rapport en affirmant que son gouvernement considère ces recommandations avec sérieux et qu’il prend actuellement plusieurs mesures pour y répondre. Selon lui, « beaucoup de paramètres économiques et géopolitiques ont changé » depuis le lancement du projet initial : « La pandémie de COVID-19, la pénurie de main-d’œuvre, l’inflation et la perturbation des chaînes d’approvisionnement ont largement contribué » à cette augmentation.
Dans ce cadre incertain tant sur le plan économique qu’opérationnel, il sera primordial pour Ottawa non seulement d’assurer des financements adéquats mais aussi des ressources humaines adaptées afin que son programme militaire puisse répondre aux ambitions stratégiques nationales et internationales mises en avant lors des prochaines échéances diplomatiques.