Les Américains se préparent face à l’incertitude géopolitique et climatique
Suite au bombardement américain de l’Iran, une hausse significative des recherches sur des fournitures d’urgence a été observée aux États-Unis, illustrant un climat d’inquiétude croissant parmi la population. Les produits tels que les masques à gaz et les kits de survie connaissent également une forte demande.

Dans les jours suivant le bombardement en Iran, un regain d’intérêt pour des sujets tels que « Kit de survie » et « Chute nucléaire » a été noté sur Google Search, atteignant des niveaux inconnus depuis le début de l’invasion russe en Ukraine en février 2022. D’après Jungle Scout, une société d’analyse de marché, les ventes sur Amazon concernant des articles comme les masques à gaz et lampes solaires ont considérablement augmenté au cours du mois dernier.
Cette tendance semble être alimentée par diverses préoccupations : guerre commerciale menaçant les approvisionnements essentiels, troubles civils liés à des arrestations et déportations ainsi que la montée en intensité des événements climatiques extrêmes. Tom Werle, directeur des opérations chez Jungle Scout, a précisé que « bien que la perspective de la Seconde Guerre mondiale ait peut-être profité lors du week-end dernier », ces inquiétudes vont bien au-delà du conflit militaire imminent.
Chad Huddleston, professeur à Southern Illinois University Edwardsville qui étudie depuis plus d’une décennie le phénomène des preppers, individus cherchant à se préparer aux catastrophes, note : « Les gens cherchent dans leur zone immédiate pour voir ce qui se passe avec ça pour déterminer : ‘Eh bien, de quoi devrais-je m’inquiéter ?’ ». Il souligne que l’événement marquant ayant incité beaucoup à se préparer fut l’ouragan Katrina en 2005.
Au sein des plateformes sociales comme TikTok, certains utilisateurs partagent même comment assembler un kit de survie économique. Ces démarches peuvent constituer « une première étape » vers une préparation plus sérieuse selon Huddleston.
Un aspect intéressant est la comparaison avec d’autres pays tels que la Suisse ou la Finlande où existe une attitude communautaire envers la préparation aux urgences. Paul Seyfried, consultant en préparation aux catastrophes basé dans l’Utah, remarque qu’« America ne sait pas à quoi ressemble un vrai refuge anti-bombes ». Ce constat met aussi en lumière le scepticisme ambiant concernant les solutions apocalyptiques actuellement proposées sur le marché américain.
Pourtant aux États-Unis, souvent perçue comme individualiste quant aux mesures d’autoprotection face aux crises ; cela s’inscrit dans un contexte général où méfiance vis-à-vis du gouvernement est omniprésente. Selon Pew Research Center et une enquête récente menée par FEMA ; moins de la moitié des Américains croit pouvoir compter sur leur gouvernement lors d’un événement critique.
La dynamique actuelle pourrait donc symboliser non seulement une anxiété face à diverses menaces contemporaines mais également un besoin pressant d’affirmer son autonomie individuelle dans un monde incertain.