Chapô : Juan Carlos de Bourbon, ancien roi d’Espagne, s’exprime dans une interview marquante à l’approche des cinquante ans de sa montée sur le trône après la mort de Franco. Il évoque son parcours, les défis rencontrés pour rétablir la démocratie et ses réflexions personnelles sur son règne.
Les souvenirs de l’accession au trône
L’ancien roi d’Espagne, Juan Carlos I, a accordé un entretien révélateur où il partage ses pensées intimes et ses souvenirs marquants depuis son accession au trône le 22 novembre 1975. Dans ce contexte historique particulier, il révèle qu’il a longtemps hésité à se confier publiquement : « J’ai pensé pendant longtemps que les rois ne se confient pas ». Toutefois, face aux événements politiques actuels en Espagne et aux inexactitudes entendues à son sujet, il estime que c’est le moment de partager sa vérité.

Il se remémore avec émotion cette journée fondatrice qui a marqué le début d’une nouvelle ère pour l’Espagne. « Je me souviens de cette journée avec beaucoup d’émotion », explique-t-il, indiquant qu’il avait préparé son discours toute la nuit avant de s’adresser à un parlement encore dominé par des membres du régime franquiste.
Des révélations sur Franco
Dans cet entretien, Juan Carlos fait une révélation majeure concernant Francisco Franco, affirmant qu’il était pleinement conscient que son successeur mettrait fin à la dictature. Il raconte comment ils avaient échangé sur ce sujet délicat lors d’une rencontre en 1972 après une interview accordée à la presse américaine. « Tout. Il savait tout », affirme-t-il en expliquant la compréhension mutuelle qui existait entre eux malgré leurs positions opposées.
Le roi souligne également l’importance du discours du Cardinal Tarancón comme appel vers un avenir démocratique lors de ces moments historiques.
Fierté et regrets
Interrogé sur ce dont il est le plus fier durant sa longue carrière monarchique, Juan Carlos n’hésite pas : « avoir donné les pouvoirs au peuple en octroyant une Constitution ». Il ajoute avec emotion que cette Constitution porte son nom : « c’est vraiment une émotion très grande ».
En se penchant sur la question monachique aujourd’hui, il défend vigoureusement ce système qu’il décrit comme offrant stabilité et pérennité à l’Espagne tout en garantissant les fondements démocratiques.
Juan Carlos reconnaît aussi avoir commis des erreurs et exprime des regrets concernant sa famille : « J’ai vraiment servi l’Espagne.et je n’ai pas fait attention parfois à ma famille ».
L’attachement persistant à l’Espagne
Dans cette session nostalgique mais réfléchie il mentionne combien l’Espagne lui manque, décrivant affectueusement ses paysages et ses traditions culturelles. Concernant son fils Felipe VI, il déclare apprécier son rôle actuel bien qu’il espère passer plus de temps avec lui ainsi que ses petites-filles Leonor et Sofía.
En somme, cet échange offre un aperçu précieux des réflexions d’un monarque ayant joué un rôle cardinal dans la transition démocratique espagnole tout en témoignant des complexités personnelles qui ont jalonné sa vie publique.