L’ancien président rend hommage au pape François
L’ancien président de la République, François Hollande, a rendu hommage au pape François, décédé le 21 avril à l’âge de 88 ans. À travers sa relation personnelle avec lui, il évoque des échanges marquants sur la lutte contre le terrorisme et les enjeux mondiaux.
Une relation intense face aux tragédies
L’ancien président François Hollande a partagé des souvenirs poignants d’un rapport « très intense » avec le pape François, surtout durant les moments difficiles pour la France. En juillet 2016, après l’assassinat du père Hamel dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray, Hollande a contacté le souverain pontife afin de discuter des conséquences liées au terrorisme. « Il souhaitait que nous puissions lutter contre le terrorisme islamiste en évitant toute stigmatisation des musulmans », souligne Hollande. Ce dernier avait rassuré le pape sur la sécurité des prêtres et mentionné son engagement lors d’un échange chargé d’émotion. Le pape François a affirmé : « Je suis comme un frère ».

Une rencontre mémorable au Vatican
En août 2016, un an après ce drame tragique, Hollande s’est rendu au Vatican pour une visite qui différait nettement de leurs rencontres précédentes. Un échange privé sans protocole s’est établi entre eux, où ils ont discuté non seulement de questions religieuses mais aussi de sujets actuels comme l’Ukraine et le changement climatique. « On peut être un président, certes, mais surtout un humain qui s’adresse à un autre humain », a déclaré Hollande en référence à cette interaction singulière.
Des divergences sur des sujets sensibles
La première rencontre entre les deux hommes remonte à 2014 et se tenait dans un contexte délicat puisque Hollande avait été élu l’année précédente. Le pontificat du pape François était alors marqué par une approche sociale et écologique clashant avec certaines décisions françaises comme celle concernant le mariage pour tous. Hollande raconte avoir tenté d’expliquer ses positions tout en constatant une incompréhension chez le religieux concernant ces évolutions sociétales : « J’insistais sur la liberté, sur le respect. sans pour autant arriver à nous comprendre ». Des tensions avaient également émergé lorsque le Vatican refusa d’accréditer l’ambassadeur nommé auprès du Saint-Siège en raison de son orientation sexuelle.
Engagements symboliques
Durant son quinquennat (2012-2017), le pape François n’a pas visité la France. Pour lui, il était primordial que ses visites soient orientées vers des pays confrontés à des conflits ou nécessitant solidarité et gestes symboliques importants. Bien qu’il ne soit pas considéré comme ayant eu un rôle historique comparable à celui de Jean-Paul II, il a néanmoins œuvré pour faire valoir les pays du Sud. Selon François Hollande : « Il prêchait pour une émergence économique [.], convaincu que le Sud serait demain le cœur du monde ».