Alain Maillard de La Morandais, 90 ans, célèbre ses accomplissements
Né en 1935 au Croisic, Alain Maillard de La Morandais a grandi dans une éducation traditionnelle influencée par la mythologie contre-révolutionnaire. Il mentionne que « Les Charette sont des cousins. » À 24 ans, il devient séminariste à Rome, déclarant : « Il y a une vraie vocation qui vient de la lecture d’un auteur athée – Dieu se sert de tout, y compris des athées pour appeler à lui. Mais je n’avais pas envie d’être curé, ça c’est certain. »

Après sa formation théologique et philosophique, il part en Algérie pendant 28 mois, où il est confronté aux réalités brutales du conflit. « Imaginer un officier français en train de torturer… me paraissait absolument impossible. C’est un choc, » confie-t-il. Ce traumatisme le pousse à dénoncer la torture et le sort réservé aux harkis après son ordination en 1963.
Engagement politique en tant qu’aumônier
En 1992, Alain Maillard de La Morandais devient l’aumônier du monde politique grâce au cardinal Lustiger. Il explique : « On était consultant théologique auprès des hommes politiques. Pourquoi il n’y aurait pas un lobby catho ? » Cependant, cette position lui attire des critiques durant la campagne présidentielle de 1995, où on l’accuse d’être trop proche d’Édouard Balladur.
« Déontologiquement, pendant les présidentielles, je n’ai parlé ni de Jacques Delors ni d’Édouard Balladur ni même de Jacques Chirac, » se défend-il face à ces accusations avant d’être destitué par Monseigneur Lustiger et réaffecté aux SDF dans diverses chapelles.
Réactions controversées sur l’Église et ses dirigeants
Alain Maillard de La Morandais critique souvent le traitement médiatique dont souffrent les catholiques et notamment Jean-Paul II. Il souligne que « quand on en parle, c’est bien, » car cela permet d’ouvrir le dialogue plutôt que susciter indifférence.
En 2019, ses commentaires sur les scandales liés aux abus sexuels au sein de l’Église déclenchent une onde choc lorsque qu’il affirme que les enfants cherchent « spontanément la tendresse. » Ces propos lui valent des reproches malgré qu’il ait tenté d’expliquer qu’il s’agissait là d’une « expression confuse et incomplète. »
Un homme ancré dans la légèreté envers sa mission
Malgré ses prises de positions souvent impactantes, Alain Maillard sait garder une distance humoristique avec son rôle public : « Y a un ange que je prie toujours avant venir à une émission. Je lui dis ‘souffle-moi sur la gueule pour que je ne me prenne pas trop au sérieux’.
Son approche iconoclaste mêle sérieux et autodérision, ce qui contribue largement à sa popularité auprès du grand public aujourd’hui alors qu’il fête ses 90 ans.
Un homme engagé et humoristique
Pleinement engagé dans sa foi mais conscient des défis contemporains auxquels fait face l’Église catholique française.