«De chacun selon ses capacités à chacun selon ses investissements dans le lobbying.»

                Photo: Al Drago / Bloomberg via Getty Images

Les bons, les mauvais et les médiocres dans le projet de loi de stimulation des coronavirus

Pour lutter contre le coronavirus et ses effets secondaires Ă©conomiques, le CongrĂšs a rassemblĂ© un plan de sauvetage Ă©conomique d’environ cinq fois la taille du plan de relance de Barack Obama en 2009. La lĂ©gislation est vaste, complexe, jonchĂ©e de cadeaux libellĂ©s de maniĂšre impĂ©nĂ©trable pour obscurcir les circonscriptions, et, Ă  l’heure oĂč j’Ă©cris, elle n’est pas terminĂ©e Ă  100%.

Cela dit, les grandes lignes des dispositions les plus importantes du projet de loi sont maintenant suffisamment visibles pour ĂȘtre Ă©valuĂ©es. Voici un aperçu (non exhaustif) de ce qui est bon, mauvais et mĂ©diocre au sujet du plus grand plan de sauvetage de l’histoire amĂ©ricaine.

Aide aux chĂŽmeurs qui remplacera 100 pour cent (ou plus) des salaires perdus pour les travailleurs Ă  faible revenu – y compris les indĂ©pendants.

Ceci est le joyau de la couronne du projet de loi. Cette disposition:

‱ Augmenter les prestations de chîmage hebdomadaires standard de 600 $ pour les quatre prochains mois.

‱ Établir un nouveau programme d’aide en cas de pandĂ©mie de chĂŽmage qui fournira aux travailleurs qui ne sont pas normalement admissibles Ă  l’assurance-chĂŽmage – tels que les indĂ©pendants, les travailleurs en congĂ© et les entrepreneurs indĂ©pendants – avec un paiement hebdomadaire Ă©gal Ă  la moitiĂ© de l’indemnitĂ© de chĂŽmage moyenne de l’État plus 600 $.

‱ Prolonger la durĂ©e des prestations de chĂŽmage de 13 semaines.

Comme le fait remarquer Jordan Weissmann de Slate, 600 $ par semaine sont ce qu’un travailleur avec un salaire de 15 $ tirerait de 40 heures de travail. Ajoutez Ă  cela les allocations de chĂŽmage existantes et un pourcentage Ă©levĂ© de travailleurs de la vente au dĂ©tail et de la restauration gagneront plus au cours de leurs quatre premiers mois de chĂŽmage qu’ils ne le faisaient pendant leur travail.

Cela rendra la politique amĂ©ricaine de remplacement des salaires plus gĂ©nĂ©reuse pour les travailleurs Ă  revenu faible ou intermĂ©diaire que les programmes analogues rĂ©cemment adoptĂ©s dans les dĂ©mocraties sociales europĂ©ennes. Ce qui devrait ĂȘtre le cas, Ă©tant donnĂ© que les travailleurs amĂ©ricains n’ont pas accĂšs aux innombrables programmes d’assurance sociale qui rĂ©duisent le coĂ»t de la vie des travailleurs europĂ©ens.

Voici une analyse rapide que j’ai faite pour les prestations hebdomadaires moyennes selon les taux de remplacement alternatifs et les plafonds de prestations maximaux. Le coup de pouce de 600 $ / semaine est (en net) plus gĂ©nĂ©reux que ce que moi et d’autres avions proposĂ©, ce qui est assez remarquable.
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– Arindrajit Dube (@arindube) 25 mars 2020

Paiements uniques en espÚces à tous les ménages non riches.

Les personnes qui gagnent moins de 75 000 $ par annĂ©e recevront 1 200 $ en espĂšces, tandis que les couples qui gagnent moins de 150 000 $ recevront 2 400 $, plus 500 $ pour chaque enfant Ă  leur charge. Les AmĂ©ricains qui gagnent un peu plus que ces totaux recevront toujours des chĂšques, mais la valeur diminue progressivement Ă  mesure que le revenu dĂ©clarĂ© du bĂ©nĂ©ficiaire augmente jusqu’Ă  ce qu’il atteigne enfin zĂ©ro pour les personnes qui gagnent 99000 $ ou les couples qui ramĂšnent chez eux 198000 $.

ComparĂ©e Ă  rien – ou au plan initial du GOP de donner moins d’argent aux pauvres amĂ©ricains qu’aux bourgeois – cette disposition est bonne. Selon la Tax Foundation, il augmentera Ă  lui seul le revenu annuel du cinquiĂšme le plus pauvre des AmĂ©ricains de 16,33%. ComparĂ© Ă  ce que les progressistes de la Maison avaient poussĂ©, cependant, il est terne. Par exemple, la prĂ©sidente du comitĂ© des services financiers de la Chambre, Maxine Waters, avait proposĂ© de remettre Ă  tous les AmĂ©ricains des chĂšques mensuels de 2 000 $ pour la durĂ©e de la pandĂ©mie.

Un autre inconvĂ©nient de la mesure d’aide en espĂšces du projet de loi (ou, peut-ĂȘtre plus prĂ©cisĂ©ment, de la capacitĂ© de l’État amĂ©ricain) est que l’aide n’atteindra rĂ©ellement ceux qui en ont le plus besoin longtemps aprĂšs que le projet de loi aura Ă©tĂ© promulguĂ©. Les AmĂ©ricains Ă©ligibles qui se sont inscrits pour recevoir leurs remboursements d’impĂŽt par dĂ©pĂŽt direct recevront leurs paiements dans quelques semaines, selon le New York Times. Ceux qui n’ont pas encore soumis leurs informations bancaires Ă  l’IRS, ou qui sont entiĂšrement non bancarisĂ©s – une population qui a un faible revenu disproportionnĂ© – ne peuvent voir un soulagement en espĂšces que quatre mois aprĂšs que le projet de loi a effacĂ© le bureau de Donald Trump.

Les petites entreprises obtiendront des prĂȘts qui sont pardonnables, tant qu’elles ne licencient pas les travailleurs.

Les entreprises de moins de 500 employĂ©s seront admissibles Ă  des prĂȘts pour aider Ă  couvrir le coĂ»t de la masse salariale, les avantages sociaux, les services publics, le loyer, les versements hypothĂ©caires ou d’autres dettes. Si les entreprises conservent du personnel, chaque dollar de crĂ©dit qu’elles dĂ©pensent pour ces dĂ©penses susmentionnĂ©es sera annulĂ© par le gouvernement.

Une mesure dans ce sens Ă©tait absolument nĂ©cessaire pour maintenir une grande partie du secteur des services amĂ©ricain sous assistance respiratoire – et ainsi le laisser en mesure de se rĂ©tablir rapidement une fois que les protocoles de distanciation sociale pourront ĂȘtre assouplis en toute sĂ©curitĂ©. Si les restaurants (pour prendre un exemple) sont autorisĂ©s Ă  Ă©chouer en masse, beaucoup ne reviendront jamais, tandis que les restaurateurs rĂ©silients devront toujours rassembler et former de nouveaux personnels (sinon trouver de nouveaux emplacements), affaiblissant et ralentissant ainsi la reprise du secteur des services.

Par rapport Ă  rien, l’aide aux petites entreprises est donc bonne. Mais les 367 milliards de dollars que le CongrĂšs a allouĂ©s au programme sont presque certainement insuffisants pour maintenir en vie toutes les petites entreprises Ă©ligibles pendant toute la durĂ©e de la crise, selon de nombreux Ă©conomistes conservateurs. Pendant ce temps, on ne sait pas Ă  quelle vitesse la Small Business Administration sera en mesure d’obtenir ces prĂȘts Ă  la myriade d’entreprises qui sont actuellement au bord de l’insolvabilitĂ©.

Les États recevront un financement fĂ©dĂ©ral dĂ©sespĂ©rĂ©ment nĂ©cessaire (mais malheureusement insuffisant).

Le coronavirus a affligĂ© les gouvernements des États avec un large Ă©ventail de symptĂŽmes misĂ©rables. Leurs dĂ©penses pour Medicaid, les hĂŽpitaux et les mesures de riposte Ă  la pandĂ©mie augmentent, tandis que leurs revenus s’effondrent et que les taux d’intĂ©rĂȘt de leur dette augmentent.

Le projet de loi du SĂ©nat fournirait aux États un financement de 150 milliards de dollars pour couvrir le coĂ»t des dĂ©penses liĂ©es Ă  Covid. C’est mieux que rien. Mais la somme totale est trop faible et la restriction sur l’utilisation des fonds est bornĂ©e. Le vĂ©ritable coĂ»t de la lutte contre Covid-19 ne peut pas ĂȘtre mesurĂ© exclusivement dans les dĂ©penses publiques en soins de santĂ© et en santĂ© publique. L’application des verrouillages et des distanciations sociales oblige les États Ă  renoncer Ă  d’Ă©normes quantitĂ©s de revenus attendus. Le gouverneur de l’Ohio, Mike DeWine, a Ă©tĂ© rĂ©compensĂ© pour avoir pris des mesures proactives prĂ©coces pour contenir la propagation du coronavirus dans son Ă©tat. Mais une consĂ©quence de ces actes de gouvernance responsable est que le TrĂ©sor de l’État de Buckeye s’épuise rapidement. En consĂ©quence, DeWine rĂ©clame dĂ©sormais des rĂ©ductions globales de 20% du budget de l’Ohio.

À moins que le CongrĂšs n’envoie plus de soulagement aux États, les mesures de relance fĂ©dĂ©rales seront sapĂ©es par l’austĂ©ritĂ© au niveau de l’État, car les enseignants et les autres fonctionnaires perdront leur emploi ou subiront de fortes baisses de salaires qui dĂ©primeront la demande des consommateurs dans les Ă©conomies locales, sapant les services gouvernementaux de base.

Le projet de loi approuve (sans doute) 4,54 billions de dollars pour un fonds de stabilisation de la ploutocratie.

La lĂ©gislation comporte sans aucun doute un large Ă©ventail de dispositions inconvenantes. Compte tenu de la nĂ©cessitĂ© impĂ©rieuse d’obtenir une aide immĂ©diate pour les particuliers et les petites entreprises, cependant, on pourrait pardonner un peu d’hommage de petit calibre aux dieux de K Street.

Mais 4,54 billions de dollars, c’est un peu trop.

Non, la lĂ©gislation n’accorde pas directement aux grandes entreprises (et Ă  leurs actionnaires bien nantis) de maniĂšre exponentielle plus d’aide qu’elle n’en accorde aux travailleurs ordinaires ou aux petites entreprises. Mais dans la pratique, il y a des raisons de penser que oui.

Officiellement, le projet de loi consacre 500 milliards de dollars au renforcement du secteur des entreprises, une fraction de ces fonds Ă©tant rĂ©servĂ©e aux compagnies aĂ©riennes et aux entreprises essentielles Ă  la dĂ©fense nationale (et / ou au complexe militaro-industriel) comme Boeing et General Electric. Mais 454 milliards de dollars de ce total serviront Ă  soutenir les nouveaux programmes de prĂȘt de la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale qui profitent principalement aux grandes entreprises. Pour Ă©lucider ce point en langage simple: il est normal que les banques privĂ©es maintiennent un ratio de 10 pour 1 entre le montant d’argent qu’elles ont prĂȘtĂ© et le montant de capital qu’elles ont rĂ©ellement en main. La Fed n’a pas encore prĂ©cisĂ© le ratio de levier exact qu’elle appliquera Ă  ces 454 milliards de dollars affectĂ©s au CongrĂšs, mais certains responsables ont indiquĂ© que le 10 contre 1 Ă©tait Ă  peu prĂšs correct. Ce qui signifie que l’appropriation du CongrĂšs est (potentiellement) suffisante pour fournir aux entreprises amĂ©ricaines plus de 4 000 milliards de dollars de financement subventionnĂ©.

Il subsiste une ambiguĂŻtĂ© quant Ă  la maniĂšre dont ce pot d’argent gĂ©ant sera distribuĂ©. Officiellement, ces 454 milliards de dollars ne soutiendront pas exclusivement les prĂȘts aux grandes entreprises mais aussi Ă  des petites entreprises solvables, ainsi qu’aux gouvernements des États et des collectivitĂ©s locales. Cela dit, les lĂ©gislateurs et les journalistes s’entendent gĂ©nĂ©ralement pour dire que la majeure partie de cet argent servira Ă  fournir du crĂ©dit aux grandes entreprises (c’est pourquoi il existe des sections distinctes de la lĂ©gislation consacrĂ©es Ă  l’octroi de prĂȘts aux municipalitĂ©s et aux mamans et aux pop-ups).

Certains trouveront peut-ĂȘtre inacceptable, en soi, la disparitĂ© entre l’ampleur du financement que le projet de loi accorde aux grandes entreprises – et celle des secours qu’il accorde Ă  tous les autres. Mais l’aspect le plus offensant du paquet d’aide aux entreprises est son manque de conditions. Les dĂ©mocrates progressistes avaient proposĂ© d’obliger les entreprises qui acceptent des financements publics Ă  renoncer aux licenciements pendant la durĂ©e de la crise, Ă  adopter un salaire minimum de 15 $ pour leurs employĂ©s, Ă  donner aux travailleurs une reprĂ©sentation au sein de leurs conseils, Ă  jurer les rachats d’actions et Ă  donner au public une participation en Ă©change pour assumer le risque d’investir dans leur entreprise.

Aucune de ces conditions ne semble avoir fait la facture finale. Selon les projets de loi divulguĂ©s, les entreprises renflouĂ©es ne pourront pas licencier plus de 10% de leurs travailleurs au cours des six prochains mois (mieux que rien mais pas gĂ©nial). Et les entitĂ©s appartenant personnellement Ă  la famille Trump ne seront pas Ă©ligibles aux prĂȘts de la Fed (mĂȘme si elles seront Ă©ligibles Ă  d’autres formes de bien-ĂȘtre des entreprises). Pendant ce temps, le secrĂ©taire au TrĂ©sor, Steve Mnuchin, aura le pouvoir de renoncer Ă  tout gain que le public pourrait gagner sur ses investissements et de donner aux entreprises subventionnĂ©es la libertĂ© de transfĂ©rer les fonds publics Ă  leurs actionnaires (extrĂȘmement riches) sous forme de dividendes.

Certains peuvent remettre en question le droit du gouvernement de dicter des conditions aux entreprises qui acceptent son allĂ©gement. AprĂšs tout, cette crise n’est pas analogue Ă  2008. Contrairement aux banques de Wall Street qui ont rĂ©coltĂ© des renflouements il y a 12 ans, les entreprises qui demandent de l’aide aujourd’hui ne sont pas directement responsables de la catastrophe qui menace leur survie. L’État lui-mĂȘme est sans doute plus coupable. AprĂšs tout, c’est la rĂ©ponse tardive du gouvernement fĂ©dĂ©ral Ă  la pandĂ©mie naissante qui a forcĂ© les gouvernements des États Ă  interdire efficacement la plupart des formes d’activitĂ© Ă©conomique. Alors pourquoi l’oncle Sam ne devrait-il pas indemniser les entreprises que sa propre nĂ©gligence a mises en pĂ©ril, au moins sous la forme d’un soutien financier sans condition?

Certains progressistes ont essayĂ© de rĂ©pondre Ă  cette objection en suggĂ©rant que les grandes entreprises n’auraient pas besoin de renflouement si elles n’avaient pas gaspillĂ© leurs bĂ©nĂ©fices record sur les paiements aux PDG et aux actionnaires. Comme l’écrit David Dayen d’American Prospect:

Ce n’est pas un renflouement pour le coronavirus. C’est un plan de sauvetage pour douze ans d’irresponsabilitĂ© des entreprises qui a rendu ces entreprises si fragiles que quelques semaines de perturbation les dĂ©truiraient. Le court terme et le manque de rĂ©serves de capitaux ont canalisĂ© des bĂ©nĂ©fices records dans une baignoire de liquiditĂ©s pour les investisseurs. C’est celui qui est rĂ©tabli, les financiers et la petite tranche du public qui possĂšde plus qu’une quantitĂ© insignifiante de stocks.

Mais cela semble erronĂ© Ă  deux Ă©gards. PremiĂšrement, il ne semble pas rĂ©aliste de s’attendre Ă  ce que les entreprises maintiennent des rĂ©serves de capital suffisamment importantes pour survivre Ă  un choc Ă©conomique aussi vaste et sans prĂ©cĂ©dent que celui que le coronavirus a dĂ©clenchĂ©. Et deuxiĂšmement, il ne serait pas souhaitable que les sociĂ©tĂ©s amassent de l’argent Ă  cette Ă©chelle, de toute façon. Le problĂšme n’est pas que les entreprises ne disposent pas de suffisamment d’argent pour survivre Ă  une pandĂ©mie, mais qu’elles ont dĂ©pensĂ© leurs Ă©conomies en rĂ©munĂ©ration et dividendes des dirigeants au lieu des salaires et des investissements productifs.

Pour mettre ce point en termes plus expansifs: La raison pour laquelle le gouvernement devrait obliger les entreprises Ă  accepter des conditions strictes en faveur des travailleurs sur tous les fonds de sauvetage n’est pas que ces entreprises se sont provoquĂ©es des calamitĂ©s financiĂšres par la dĂ©bauche. Au contraire, le gouvernement devrait exiger de telles conditions parce qu’elles sont bonnes en soi – et le malheur collectif des entreprises amĂ©ricaines crĂ©e une opportunitĂ© de leur faire baisser la gorge.

Les États-Unis sont devenus une sociĂ©tĂ© grotesquement inĂ©gale dans laquelle les 0,1% les plus riches de la population ont rĂ©quisitionnĂ© autant de richesses que les 90% les plus pauvres rĂ©unis. Cette grande iniquitĂ© dans la propriĂ©tĂ© des actifs se complique chaque annĂ©e, car les sociĂ©tĂ©s distribuent des dividendes Ă  ceux qui sont suffisamment riches pour possĂ©der leurs actions. Et les inĂ©galitĂ©s Ă©conomiques se traduisent inĂ©vitablement par des inĂ©galitĂ©s politiques. Il faut du temps et de l’argent pour influencer les campagnes Ă©lectorales et les processus lĂ©gislatifs. Les entreprises peuvent facilement assumer les frais d’un engagement politique efficace; leur employĂ© mĂ©dian ne peut pas.

Pour ces raisons, il est trĂšs difficile de rĂ©Ă©crire les rĂšgles favorables aux ploutocrates de notre Ă©conomie de marchĂ© en temps ordinaire. Les prouesses de lobbying des grandes entreprises, combinĂ©es aux innombrables points de veto de notre systĂšme lĂ©gislatif, concourent Ă  contrecarrer toutes les tentatives de changement structurel. Mais la pandĂ©mie a temporairement modifiĂ© l’équilibre des pouvoirs entre les institutions gouvernantes publiques et semi-dĂ©mocratiques de notre sociĂ©tĂ© (alias le CongrĂšs) et ses institutions gouvernantes privĂ©es et autoritaires (alias les corporations). Qui se soucie de savoir comment ou pourquoi l’AmĂ©rique des entreprises vient de se faire renverser? Le but est de saisir cette prĂ©cieuse opportunitĂ© pour donner un coup de pied aux riches pendant qu’ils sont en baisse, c’est-Ă -dire exploiter leur faiblesse temporaire pour garantir des conditions plus Ă©quitables aux travailleurs, aux consommateurs et aux contribuables dans le contrat social de notre Ă©conomie.

Au lieu de cela, nous allons assumer le risque d’une avalanche de crĂ©dit bon marchĂ© qui n’aidera pas seulement les royalistes Ă©conomiques amĂ©ricains Ă  se remettre sur pied, mais leur permettra d’augmenter leur pouvoir. Si les crises Ă©conomiques ont historiquement fourni de rares opportunitĂ©s pour faire avancer la rĂ©forme Ă©galitaire, elles ont Ă©galement facilitĂ© la consolidation des ploutocraties. Au cours des prochains mois, les grandes entreprises solvables seront en mesure de racheter des entreprises plus petites et en difficultĂ© – ou bien leurs actifs – avec une forte dĂ©cote, se mettant en place pour des bĂ©nĂ©fices exceptionnels et une plus grande part de marchĂ© lorsque le bon temps reviendra.

Que les dĂ©mocrates du CongrĂšs aient pu forcer un prĂ©sident rĂ©publicain et une majoritĂ© du SĂ©nat Ă  exploiter la vulnĂ©rabilitĂ© des entreprises amĂ©ricaines est une question que je n’ai pas le temps ni l’espace pour analyser ici. Mais le fait que le programme de secours semble plus susceptible de fortifier la ploutocratie amĂ©ricaine que de le saper est le plus grand Ă©chec de la lĂ©gislation.

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