Les larves de tenthrède se protègent en sécrétant des cocktails de produits chimiques désagréables et volatils destinés à repousser les prédateurs, en particulier les fourmis. Les chercheurs peuvent évaluer l’efficacité de ces défenses en organisant des rencontres, appelées essais biologiques, entre la proie et le prédateur. Mais l’entomologiste Jean-Luc Boevé et l’ingénieur informaticien Rudi Giot ont adopté une approche différente, traduisant la composition chimique des sécrétions en sons et mesurant la réaction des humains. Leur travail paraît le 23 septembre dans la revue Patterns.



Boevé et Giot ont quantifié à quel level les sons étaient désagréables pour l’oreille humaine en mesurant la distance parcourue par chaque sujet pour atteindre une « length de confort » loin des haut-parleurs. Une partie des quelque 50 participants ont décrit certains des sons comme désagréables ou même effrayants. Les sons peuvent être comparables à de courts extraits de la musique de fond d’un movie d’horreur ou de science-fiction.

Des chercheurs traduisent les produits chimiques de défense des insectes en sons étranges – ScienceDaily

« Fait intéressant, nous avons pu montrer que les réponses des fourmis et des humains sont corrélées, indiquant ainsi que la sonification peut se rapprocher du » monde réel « des interactions prédateur-proie », explique Boevé, de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, à Bruxelles.



Il a conçu pour la première fois l’idée de transformer des produits chimiques volatils en sons en avril 2009. « Par exemple, vous avez de petites molécules comme l’acide acétique contenu dans le vinaigre ou l’acide formique piquant émis par certaines fourmis, elles sont très volatiles et se diffusent rapidement dans l’air.  » il dit.  » Donc, j’ai pensé qu’il serait probable de traduire une volatilité élevée ou faible en tons élevés ou faibles, ainsi que d’autres attributes chimiques en d’autres characteristics sonores.  »

Les produits chimiques sont transformés en sons à l’aide d’un processus appelé sonification. Les caractéristiques importantes de chaque molécule, comme son poids moléculaire et les groupes fonctionnels qu’elle possède, sont mappées sur différents paramètres du son, comme la hauteur, la durée et le timbre. L’information chimique est introduite dans un synthétiseur qui produit un son pour chaque molécule et ces sons sont ensuite mélangés à différents niveaux de quantity pour construire un son pour la sécrétion défensive de chaque espèce d’insecte.

Cette étude tire parti du fait que notre cerveau traite l’information différemment selon le sens que nous utilisons pour la percevoir. « Généralement, un processus de sonification est utilisé pour détecter des phénomènes particuliers dans de grands ensembles de données », explique Giot, de l’Institut Supérieur Industriel de Bruxelles. « Des exemples de tels phénomènes sont les tremblements de terre dans les données sismologiques ou le piratage de réseau dans le streaming de données Online. »

Ce projet a nécessité des années de préparation des bases et de réalisation d’autres expériences plus classiques, notamment des analyses chimiques et morphologiques des insectes.  » Pour être honnête, je considérais moi-même le projet de sonification tellement tiré par les cheveux que j’ai mis le projet de côté, parfois pendant plusieurs mois « , raconte Boevé.

Il espère que sa méthode sera complémentaire aux tactics déjà existantes de examination des substances volatiles, en particulier dans les cas où la disponibilité saisonnière d’un insecte est défavorable ou lorsque la récolte de quantités suffisantes de sa sécrétion est difficile.