After the Hunt : un film controversé sur les thématiques de genre et d’agression sexuelle
Le film After the Hunt, qui sort en salles le 13 octobre 2023, explore des thèmes intellectuels provocateurs, mais son excès de parti pris contre la jeunesse contemporaine remet en question la pertinence de ses arguments. Avec Julia Roberts et Andrew Garfield dans les rôles principaux, le récit s’articule autour des accusations d’agression sexuelle portées par une étudiante.

Synopsis du film
Dans After the Hunt, Julia Roberts incarne Alma, une professeure à Yale, tandis qu’Andrew Garfield joue Hank, son collègue. Leurs interactions avec leurs élèves illustrent des débats sur le genre et l’activisme social. L’intrigue prend un tournant lorsque Maggie (Ayo Edebiri) accuse Hank d’agression sexuelle. Alma se trouve alors face à un dilemme moral entre soutenir Maggie et rester neutre.
Des thématiques actuelles mal abordées
Malgré sa tentative d’ancrer son discours dans la période post-#MeToo, le film démontre une certaine incapacité à naviguer efficacement les enjeux de société qu’il aborde. La perception « désinvolte » de Hank évoque celle d’un homme blanc privilégié repoussant toute responsabilité personnelle via une intellectualisation excessive.
Alma reproche clairement aux étudiants masculins leur approche prétentieuse des droits féminins, mais ces critiques sont peu approfondies dans le récit.
« Maggie a droit au soutien », déclare Alma tout en naviguant prudemment dans leurs interactions à risque liées à leur relation professeur/étudiant. Malgré cela, l’absence d’empathie envers les étudiants semble prévaloir tout au long du film.
Les limites d’un discours unilatéral
La caractérisation de Maggie semble souvent réduite à réduire ses préoccupations aux simples clichés entendus en cours sans véritable développement ni profondeur de pensée. Fred Topel souligne que « malgré l’incarnation respectueuse par Edebiri, le personnage tel qu’écrit affaiblit ses convictions ».
Par ailleurs, même si plusieurs personnages ont des opinions féminines fortes, incluant ceux joués par les femmes, l’histoire reste dominée par ce que semblent être des perspectives blanches privilégiées des générations passées plutôt que celles réellement contemporaines.
L’intrigue ne fournit pas non plus une évolution suffisante pour Maggie; elle stagne malgré un contexte censé lui permettre une réflexion accrue sur son travail académique et personnel.
Une critique du réalisme sociétal ?
Au final, après avoir mis sous examen divers sujets délicats tels que les agressions sexuelles et l’activisme étudiant amorcé depuis quelques années , After the Hunt s’avère plus révélateur sur ceux qui créent ces narrations que sur la société elle-même ou les véritables défis qui s’y rattachent. Si certaines idées peuvent susciter débat ou accord chez certains spectateurs, elles restent insatisfaisantes au regard du sujet traité.
Le réalisateur Luca Guadagnino détient “un angle mort” opportun créé ici où il montre davantage préoccupation pour son esthétique narrative que pour offrir un regard équilibré et nuancé vers ces questions sociales pressantes.