Chapô À l’époque du Gilded Age, la Cinquième Avenue de New York, surnommée « Rang des Millionnaires », abritait les demeures somptueuses des familles les plus riches des États-Unis. Bien que ces maisons aient représenté l’apogée de l’opulence, la plupart ont été démolies pour donner place à de nouveaux développements urbains.
L’Âge d’Or et ses excès Durant le Gilded Age, marqué par une disparité économique immense, la richesse était concentrée entre les mains d’une élite. En 1913, les 0,01% des Américains les plus riches détenaient 9% de la richesse nationale. Un article publié en 2021 dans The Journal of Economic Inequality note que ce déséquilibre est aujourd’hui encore plus flagrant.

Cette quête ostentatoire de statut a conduit à la construction de grandes demeures sur la Cinquième Avenue. Toutefois, avec le temps et l’apparition des réformes sociales et politiques de l’ère progressiste, ces résidences sont devenues obsolètes en raison du coût élevé d’entretien associé au personnel nécessaire.
Des demeures légendaires aux souvenirs évanouis La plupart des maisons exclusives ont été vite oubliées alors qu’elles cédaient leur place à de nouveaux immeubles commerciaux ou résidentiels. Néanmoins, certaines demeures emblématiques subsistent encore aujourd’hui à Newport, Rhode Island.
Parmi elles figure le Triple Palace, construit en 1882 pour William H. Vanderbilt. Ce dernier était fils aîné du magnat Cornelius Vanderbilt et habitait au 640-642 Cinquième Avenue avant sa démolition partielle entre 1927 et 1949.
Le manoir a ensuite été remplacé par un bâtiment commercial moderne.
William K. Vanderbilt a également construit une maison inspirée d’un château français au 660 Fifth Avenue, achevée en 1882 pour un coût exorbitant à l’époque : 3 millions de dollars, soit environ 98 millions aujourd’hui selon VogueSon autoroute lui valut pourtant le regard désapprobateur des familles aristocratiques établies comme les Astor ; celle-ci fut détruite en 1926, laissant place à un immeuble moderne.
Un autre exemple majeur est celui du manoir colossal en style château français édifié par Cornelius Vanderbilt II entre la 57e et la 58e rue sur la Cinquième Avenue. À son époque, il était considéré comme l’une des plus grandes maisons individuelles de New York avant son remplacement par un grand magasin Bergdorf Goodman en 1928.
Les structures se succédaient mais leurs histoires s’effaçaient sous le poids du changement urbain : ainsi fut détruit le manoir glouton du magnat William A. Clark après avoir été jugé trop extravagant avec ses 121 chambres, achevé autour six millions (environ 203 millions aujourd’hui) avant sa disparition rapide après sa construction terminée en 1911.
La demeure dotée d’une salle bal pouvant contenir jusqu’à 1 200 personnes appartenait aux Astors et créa tout autant une empreinte sociale tout autant qu’économique avant sa destruction finale en 1926 pour faire place à une nouvelle synagogue affichant désormais remplie cette partie historique de Manhattan.
Dans ce paysage urbain qui évolue sans cesse selon les besoins contemporains, n’apparaît qu’un souvenir fugace.Les merveilles architecturales d’antan sont souvent reléguées aux livres d’histoire tandis que New York continue inlassablement sa marche vers modernité où chaque étage témoigne tantôt fastueux tantôt inaugurations industrielles ; bien loin maintenant devant nous.