Litige au Conseil des Prud’hommes : Ersilia Soudais face à son ancienne attachée parlementaire
Le 16 octobre 2023, la députée de La France insoumise (LFI) Ersilia Soudais a été entendue par le conseil des prud’hommes de Paris suite à un conflit avec son ancienne collaboratrice, prénommée Isabelle, qui conteste la rupture de son contrat de travail. Cette dernière réclame plus de 16 000 euros pour ce qu’elle considère comme une rupture abusive.

Contexte du litige
Recrutée en décembre 2023 après une annonce sur Pôle emploi, Isabelle a débuté un CDI à temps partiel le 8 janvier 2024. La rémunération était d’environ 1 656 euros pour 104 jours de travail par an. Au bout de deux mois, le 15 mars, la députée aurait déclaré à Isabelle : « Je ne sais pas comment te le dire, ça ne le fait pas, ça ne matche pas. »
Les versions divergent quant aux circonstances ayant conduit à cette rupture. Alors qu’Isabelle soutient que sa collègue a mis fin à son contrat abusivement, l’avocate d’Ersilia Soudais, Me Marlène Elmassian, affirme que c’est la plaignante qui a volontairement rompu sa période d’essai par courrier « clair et non équivoque ». Elle qualifie les demandes financières d’Isabelle d’« excessives », soulignant qu’elle demande un montant correspondant à dix mois de salaire après seulement deux mois travaillés.
Discrimination salariale ?
Au-delà du contentieux contractuel se pose également une question sur l’équité salariale. Isabelle aurait appris qu’un autre collaborateur étranger recruté au même moment percevait un salaire supérieur et avait bénéficié d’un poste à temps plein avant son départ. Selon l’avocate d’Isabelle, Me Carole Vercheyre-Grard, il existerait aussi des éléments concernant une « relation intime entamée début 2024 en Jordanie » entre Ersilia Soudais et cet autre employé.
Le représentant légal d’Ersilia Soudais a qualifié ces accusations « indécentes » et sans lien direct avec le dossier soumis au tribunal. Me Elmassian explique que la différence de traitement s’explique par les compétences du collaborateur concerné, notamment sa maîtrise de l’arabe, jugées essentielles dans les activités du député lors des rencontres avec certaines associations. Interrogée sur ce point par une conseillère prud’homale, Ersilia Soudais aurait indiqué : « Quand je rencontre des associations de femmes, il me faut un interprète ».
De son côté, l’avocate d’Isabelle conteste cette justification en arguant que l’offre d’emploi initiale ne spécifiait aucune exigence linguistique liée au poste et appelle à une condamnation sévère pour celles et ceux qui prétendent donner des leçons morales.
La décision finale du conseil des prud’hommes est attendue pour janvier 2026, marquant ainsi une attente cruciale pour toutes les parties impliquées dans ce différend professionnel délicat.