Chapô
Le groupe américain They Are Gutting a Body of Water (TAGABOW), originaire de Philadelphie, revient avec son nouvel album intitulé LOTTO, un projet audacieux traitant de thèmes tels que la dépendance, la maladie et la mort. C’est une œuvre marquante qui célèbre l’évolution du shoegaze moderne.

Une Évolution depuis Philadelphie
Formé autour de Douglas Dulgarian, le projet TAGABOW a vu le jour en 2017 avec des performances dans des lieux intimistes et des sorties sur cassette. Le groupe s’est renforcé avec l’arrivée de la bassiste Emily Lofing, du batteur Ben Opatut et du guitariste PJ Carroll. Leur dernier opus, LOTTO, est présenté comme « un album d’exorcisme – plus lourd que le paradis, plus chaud que l’enfer, audacieux comme l’amour ».
Le shoegaze, qui était perçu auparavant comme une simple tendance des années 90, continue d’évoluer et d’être redécouvert par de nouvelles générations. Les pionniers tels que My Bloody Valentine, Ride et Slowdive inspirent encore aujourd’hui les artistes émergents.
Un Son Innovant
Dulgarian incarne cette innovation incessante au sein du genre. Son parcours inclut des influentes mélanges musicaux se basant sur ses racines DIY à Philadelphie et l’utilisation d’éléments issus de genres divers tels que le drum-and-bass. Avec son label Julia’s War, il a été responsable de plusieurs sorties cruciales pour la scène shoegaze contemporaine.
Dans LOTTO, Dulgarian explore ses propres luttes personnelles à travers les morceaux intenses. Le premier titre « The Chase » aborde une rechute avec une intensité déchirante : « Je rêve de dents qui tombent », chante-t-il tout en révélant le conflit entre amour et mort. Cette introspection mène à une question poignante : « À qui vais-je dire « Je t’aime ? À qui vais-je dire » J’ai besoin de toi ou je vais mourir « ? »
Des Sons Complexes
LOTTO montre également comment le groupe manoeuvre son style musical vers quelque chose d’encore plus dynamique malgré sa complexité chaotique. Dans les morceaux comme « American Food », on peut retrouver un mélange éclectique incluant « sirènes », rythmes hip-hop ou éléments folk : « dis-moi qu’il y en a un meilleur, et j’irai chercher mon arme ». Ce mélange révèle la capacité du groupe à créer non seulement des atmosphères intenses mais aussi poignantes.
Au fil des titres tels que « Herpin », où un grattage électrique s’entrelace avec un orgue nostalgique, They Are Gutting a Body of Water réussit à traduire émotion humaine face aux tumultes modernes.
Cet album ambitieux souligne non seulement leur évolution artistique mais confirme aussi leur place essentielle dans le panorama musical contemporain du shoegaze.