Dans un récent épisode du podcast de Lex Fridman, le PDG de Google, Sundar Pichai, a introduit un nouveau terme pour décrire la phase actuelle de l’intelligence artificielle (IA) : l’« Aji » ou « Intelligence artificielle déchiquetée ». Ce concept fait référence aux hauts et aux bas des récents développements en IA, qui montrent à la fois des avancées impressionnantes et des erreurs fondamentales dans les performances des systèmes.
Qu’est-ce que l’Aji ?
L’Aji, selon Pichai, est une métaphore illustrant la trajectoire d’évolution irrégulière de l’IA. Les professionnels du secteur ont confronté ces systèmes à divers défis qui mettent en lumière leurs limites tout en présentant leur potentiel. Dans ses déclarations, il confirme : « J’ai l’impression que nous sommes dans la phase AJI où des progrès dramatiques sont réalisés, mais il y a certaines choses qui ne fonctionnent pas bien. »

Des exemples concrets
Andrej Karpathy, spécialiste reconnu dans le domaine et cofondateur d’OpenAI, a également abordé ce concept avec sa notion d’intelligence « dentelée », soulignant que cela décrit comment les modèles linguistiques avancés peuvent accomplir des tâches complexes tout en commettant des erreurs simples. Il explique qu’il existe une discordance entre les capacités cognitives humaines et celles actuelles des IA : « Contrairement aux humains, où beaucoup de connaissances s’améliorent linéairement tous ensemble, les IA affichent souvent des « bords déchiquetés », c’est-à-dire une performance instable. »
Un chemin vers l’AGI
Pichai revient sur les débuts de Google DeepMind, fondé en 2010 avec un objectif initial d’atteindre l’intelligence générale artificielle (AGI) d’ici vingt ans. Bien qu’il admette qu’un certain retard est probable par rapport à cette ambition initiale, il reste optimiste sur le fait que d’importants progrès seront observables avant 2030 : « Je soulignerais que ce n’est pas important que cette définition soit parce que vous aurez des progrès époustouflants sur de nombreuses dimensions. »
Lors du sommet de l’avenir au sein de l’organisation ONU en septembre 2024, le PDG élague quatre avantages spécifiques qu’apporteraient ces technologies intelligentes : améliorer l’accès aux connaissances dans toutes les langues maternelles, favoriser la recherche scientifique rapide, atténuer les crises climatiques ainsi que contribuer au développement économique.
L’avenir urgent
Un aspect crucial évoqué par Pichai reste celui portant sur la nécessité d’étiqueter clairement le contenu généré par l’IA afin de permettre aux utilisateurs de distinguer ce qui est réel. Il conclut avec humour : « Mais d’abord, [l’IA] doit apprendre à épeler « fraise ». » Cette remarque illustre bien encore un broissement quotidien pour ces technologies prometteuses dotées encore aujourd’hui de failles majeures lors de leur utilisation pratique.
Les perspectives offertes par ces nouvelles avancées restent passionnantes mais sont étroitement couplées à un besoin accru de penser à une éthique solide et de régulatifs pour contenir les contenus issus de l’IA, même si notre prochain futur inexorable est vertueux et urgent dans le numérique qui façonne notre monde.