Le parcours tragique de Fanny Groll, mère de la jeune Lina, disparue en septembre 2023, a pris une nouvelle tournure. Alors qu’elle pleurait sa fille, elle faisait face à un intense cyberharcèlement. Le 24 juin dernier, un homme de 36 ans a été condamné pour ses propos calomnieux diffusés sur YouTube.
Un drame familial et médiatique
Lina, âgée de seulement 15 ans, avait disparu alors qu’elle se dirigeait vers la gare de Saint-Blaise-la-Roche (Bas-Rhin). Son téléphone s’est arrêté d’émettre en fin de matinée ce jour-là. Les recherches intensifiées pendant plus d’un an ont enfin trouvé son corps en octobre 2024 dans un cours d’eau à Sermoise-sur-Loire, à près de 500 kilomètres du lieu où elle avait disparu. Le principal suspect dans cette affaire, Samuel Gonin, un homme de 44 ans au passé judiciaire chargé, s’est suicidé quelques mois avant que le corps ne soit retrouvé. Gonin figurait déjà dans plusieurs signalements anonymes liés à des disparitions.

Un homme de 36 ans condamné pour harcèlement moral
Durant cette période dévastatrice pour Fanny Groll, un autre drame était en train d’évoluer sur internet. Un résident de Belfort a accusé Fanny dans des vidéos postées sur sa chaîne YouTube. Il affirmait sans fondement qu’elle entretenait une relation avec le petit-ami de Lina et aurait été responsable des actes entourant la disparition. Des « propos délirants » selon les proches mais qui ont eu l’impact néfaste d’être visionnés par des milliers d’internautes.
La situation est devenue insupportable pour Fanny Groll qui a fini par déposer plainte après avoir dénoncé ces attaques incessantes contre sa personne.
Le verdict est tombé le 24 juin : l’homme a écopé de quatre mois de prison avec sursis, accompagné d’une amende totale s’élevant à 3 000 euros ainsi que 2 500 euros en dommages et intérêts envers Fanny Groll, sans oublier les frais juridiques totalisant 3 000 euros. Selon ses avocats, elle est « très satisfaite » du jugement rendu et soulagée que justice ait été faite. Elle a également décidé que toutes les sommes reçues seraient intégralement reversées à l’association « Les Bonnes Étoiles de Lina », créée en mémoire de sa fille.
Le combat contre le cyberharcèlement
Ce fléau du cyberharcèlement accompagnait déjà Fanny depuis mars 2024 : « Depuis le départ, c’est une horreur, je n’ai même plus de mots tellement c’est un acharnement », confiait-elle lors d’une conférence alors qu’elle ne savait toujours pas ce qu’était devenu Lina. Elle dénonçait également comment la douleur personnelle peut devenir synonyme d’acharnement public en ligne.
L’affaire soulève des questions cruciales concernant la responsabilisation face aux discours haineux sur les réseaux sociaux et met en lumière la vulnérabilité des victimes face au phénomène grandissant du harcèlement numérique.