Sophie Steiner, expatriée américaine à Shanghai depuis 2015, décrit son parcours d’adaptation à la culture chinoise tout en ressentant un choc culturel inversé lors de ses visites dans son pays natal. Elle évoque les défis de la vie d’expatriée et la complexité d’appartenir pleinement à deux cultures.
Un déménagement complexe en Chine
Sophie Steiner a quitté Chicago pour Shanghai il y a 10 ans, armée d’un contrat de travail d’un an et demi ainsi que de nombreuses valises. Bien que cette expérience devait être celle d’une installation rapide, elle s’est rendu compte que la réalité était plus complexe. « J’étais extrêmement confiante », admet-elle, avant de reconnaître l’importance de s’adapter aux coutumes locales.

Adaptation et apprentissage
Dès son arrivée, Sophie se retrouve plongée dans un environnement qu’elle qualifie de « labyrinthe ». Elle témoigne des petites choses qui l’ont surpris, comme le service du thé bouillant même pendant les mois estivaux ou encore l’inclusion inattendue d’ingrédients variés dans sa routine de soins.
Au fil des années, elle a appris à naviguer entre ses nouvelles habitudes – boire constamment de l’eau chaude ou pratiquer des médecines traditionnelles – tout en maintenant une part « amer-douce » liée à sa culture américaine.
Le choc culturel inverse
Lors d’un récent voyage aux États-Unis, Sophie participe à la foire annuelle du Minnesota. Ce retour chez elle lui procure une sensation étriquée ; malgré ce cadre familier, elle éprouve un sentiment de décalage similaire aux premières semaines passées en Chine. « Une fois encore, je me suis retrouvée étrangère », note-t-elle.
Ce sentiment est accentué par une aliénation souvent ressentie par les expatriés. Plus on s’intègre dans une nouvelle culture, plus on risque de s’éloigner involontairement de ses racines initiales.
Identité fluide et appartenance incertaine
Après dix années passées en Chine, Sophie explique que ses valeurs ont évolué au point où elle se définit désormais comme un « troisième adulte de la culture », combinant son éducation américaine avec des expériences acquises sur place. Cette situation rend difficile le maintien des liens avec sa famille et ses amis restés aux États-Unis.
“Ils ne comprennent pas mon désir d’explorer le Tibet autonome ni ma passion pour certains plats” confie-t-elle, tout en se rendant compte que leurs préoccupations quotidiennes lui semblent également étrangères.
Réconciliation avec son identité
Aujourd’hui, Sophie embrasse ces différentes facettes qui constituent son identité. Le terme Laowai (étranger) qu’elle voyait autrefois comme marquant sa différence est devenu pour elle « un insigne d’honneur », symbole des défis relevés et du chemin parcouru jusqu’à présent.
En confrontant ces aspects multiples de sa vie entre New York et Shanghai, Steiner trouve finalement du réconfort « dans les espaces entre les cultures », acceptant ainsi qu’appartenir pleinement nulle part peut aussi être une forme riche d’identité personnelle.
Aujourd’hui, Sophie embrasse ces différentes facettes qui constituent son identité. Le terme Laowai (étranger) qu’elle voyait autrefois comme marquant sa différence est devenu pour elle « un insigne d’honneur », symbole des défis relevés et du chemin parcouru jusqu’à présent. En confrontant ces aspects multiples de sa vie entre New York et Shanghai, Steiner trouve finalement du réconfort « dans les espaces entre les cultures », acceptant ainsi qu’appartenir pleinement nulle part peut aussi être une forme riche d’identité personnelle.