Le gouvernement amĂ©ricain tenterait de suivre la pandĂ©mie de coronavirus en tirant parti des donnĂ©es de gĂ©olocalisation gĂ©nĂ©rĂ©es par la publicitĂ© en ligne diffusĂ©e sur les iPhones et autres smartphones, dans le but d’apprendre comment le virus se propage Ă  travers le pays.

Données de localisation de l'iPhone utilisées par le gouvernement américain pour suivre la propagation des coronavirus

Mercredi, il a Ă©tĂ© annoncĂ© qu’une collection de opĂ©rateurs de tĂ©lĂ©phonie mobile en Europe partagerait les donnĂ©es de localisation des clients avec la Commission europĂ©enne pour surveiller la propagation du coronavirus. Samedi, un rapport a fait surface suggĂ©rant qu’un programme similaire Ă©tait en cours aux États-Unis, mais d’une maniĂšre lĂ©gĂšrement diffĂ©rente.

Selon le Wall Street Journal, plusieurs responsables gouvernementaux ont acquis les donnĂ©es de localisation de millions de smartphones et d’appareils mobiles Ă  travers le pays. Des sources affirment que le gouvernement fĂ©dĂ©ral, les Centers for Disease Control and Prevention, et les gouvernements des États et locaux reçoivent des rapports sur la prĂ©sence et les dĂ©placements des utilisateurs de tĂ©lĂ©phones mobiles dans des domaines d’intĂ©rĂȘt spĂ©cifiques.

Il n’est pas clair si l’effort est liĂ© Ă  un rapport du 17 mars sur le gouvernement amĂ©ricain discutant de l’utilisation des donnĂ©es de localisation provenant de Google et Facebook pour des efforts similaires. Dans ce cas, il a Ă©tĂ© suggĂ©rĂ© de transmettre des donnĂ©es de localisation anonymisĂ©es pour cartographier la propagation de l’Ă©pidĂ©mie, permettant aux experts de comprendre les schĂ©mas des mouvements des personnes et de prĂ©dire les points chauds probables de l’activitĂ© virale.

PlutĂŽt que de provenir directement des transporteurs, comme dans le cas du programme europĂ©en, la version amĂ©ricaine acquiert ses donnĂ©es auprĂšs des trackers publicitaires mobiles. Un domaine contre lequel Apple et les dĂ©fenseurs de la vie privĂ©e se sont battus, le suivi permet gĂ©nĂ©ralement Ă  un spĂ©cialiste du marketing de dĂ©terminer oĂč les clients se rendent physiquement, ce qui peut permettre de lancer des campagnes de publicitĂ© ciblĂ©es rĂ©gionalisĂ©es, ainsi que de surveiller l’efficacitĂ© d’une campagne.

Les donnĂ©es seraient anonymisĂ©es, ce qui signifie que les donnĂ©es de localisation pourront montrer oĂč quelqu’un voyage, mais pas son identitĂ©. Ces donnĂ©es anonymes et agrĂ©gĂ©es sont utiles pour montrer les tendances gĂ©nĂ©rales, sans rĂ©vĂ©ler les mouvements ou les motivations spĂ©cifiques d’un individu.

Il est suggĂ©rĂ© que le projet vise Ă  collecter des donnĂ©es pour pas moins de 500 villes amĂ©ricaines, y compris les dĂ©taillants et les lieux publics qui sont encore visitĂ©s par un grand nombre de personnes, ce qui en fait un terrain fertile pour la transmission de virus. Certains chercheurs dĂ©couvrent dĂ©jĂ  des zones comme Brooklyn’s Prospect Park qui attirent encore la foule.

Les mĂȘmes donnĂ©es peuvent Ă©galement aider Ă  surveiller l’impact Ă©conomique de la pandĂ©mie, notamment la rĂ©duction des visites au dĂ©tail et des dĂ©placements en vĂ©hicule, entre autres mesures.

L’utilisation de donnĂ©es de suivi de localisation dĂ©rivĂ©es de la publicitĂ© a conduit certains dĂ©fenseurs de la confidentialitĂ© Ă  suggĂ©rer que l’industrie utilisait le coronavirus pour essayer de rendre la technologie de violation de la vie privĂ©e plus acceptable pour les utilisateurs rĂ©guliers.

Le chercheur en matiĂšre de confidentialitĂ© Wolfie Christl admet qu’il y a certains avantages Ă  utiliser des donnĂ©es agrĂ©gĂ©es de cette maniĂšre, « mĂȘme si les donnĂ©es sont collectĂ©es secrĂštement ou illĂ©galement par des entreprises », mais avertit qu’il existe encore des risques. « Comme une vĂ©ritable anonymisation des donnĂ©es de localisation est presque impossible, de solides garanties juridiques sont obligatoires », insiste Christl, en raison de la possibilitĂ© de combiner les donnĂ©es avec d’autres informations pour identifier et suivre des personnes spĂ©cifiques.