Donnie Darko est clairement le meilleur film culte de science-fiction des années 2000 : voici pourquoi

Vingt-cinq ans après sa sortie, non, ne mélangeons pas les dates : le film Donnie Darko, sorti en 2001 et réalisé par Richard Kelly, a d’abord été un échec en salles avant de devenir un film culte. Mêlant voyage dans le temps, angoisse adolescente et fin du monde, il met en scène un lycéen tourmenté et un lapin géant de six pieds nommé Frank.

Donnie Darko est clairement le meilleur film culte de science-fiction des années 2000 : voici pourquoi

Le film réunit tout ce qui fait le charme de la science-fiction, avec un moteur de réacteur tombé du ciel, un adolescent en difficulté et un lapin inquiétant qui semble en savoir plus que le spectateur. Difficile pourtant de résumer l’intrigue sans paraître confus, tant le film est à la fois étrange, drôle et profondément dérangeant.

Sous la confusion temporelle se cache une histoire de passage à l’âge adulte dans un monde qui semble peu cohérent. Donnie se heurte à sa famille, à ses professeurs et à tous ceux qui prétendent savoir comment fonctionne la vie. La fin du monde n’est, pour lui, qu’un problème de plus. Les années 2000 ont pourtant offert d’autres films de science-fiction marquants, comme Memento et Eternal Sunshine of the Spotless Mind, mais le long-métrage de Richard Kelly possède une personnalité bien à lui.

Une fin du monde vue par un adolescent

Donnie a déjà bien assez de soucis lorsque Frank apparaît pour lui annoncer l’apocalypse. Jake Gyllenhaal l’incarne en adolescent assez intelligent pour remettre en question les adultes qui l’entourent, mais loin d’être aussi sûr de lui qu’il le voudrait. Ses professeurs l’exaspèrent, sa famille ne sait pas toujours comment le prendre. L’arrivée de Gretchen lui permet un temps de vivre une histoire d’amour de lycée presque ordinaire, avant que la normalité ne vole en éclats.

La dimension sensible du film se dévoile peu à peu, sous les visions étranges et les interrogations sur la fin du monde. Le spectateur découvre une chronique adolescente étonnamment tendre, ce qui distingue le film d’autres œuvres de l’époque. Memento fait du souvenir une énigme, tandis que Primer transforme le voyage dans le temps en cauchemar de causes et d’effets. Richard Kelly s’intéresse lui aussi à ces idées, mais davantage encore aux personnes prises dans leurs engrenages.

L’action se déroule en 1988, dans un décor de banlieue fait de routines et d’adultes persuadés d’avoir tout compris. Donnie se sent d’abord dans un univers familier, jusqu’au moment où tout dérape, et l’on se demande alors si ce monde a jamais été normal.

D’un échec en salles à un film culte

Le film a été présenté à Sundance en janvier 2001, mais sa distribution s’est révélée compliquée. Christopher Nolan et Emma Thomas ont contribué à le faire découvrir à Newmarket Films. Nolan avait lui-même sorti Memento la même année. Donnie Darko est finalement sorti en salles en octobre, quelques semaines après le 11 septembre, un contexte qui a rendu le sujet d’un moteur d’avion tombant du ciel difficile à vendre. Le film a fait un flop, mais sa carrière ne s’est pas arrêtée là, puisque la sortie en vidéo lui a offert une seconde chance.

La vidéo et les séances de minuit ont ensuite permis au film de trouver son public. Les spectateurs ont commencé à débattre de Frank, de l’Univers Tangent et du sens des choix finaux de Donnie. La version du réalisateur ajoute des séquences consacrées au livre fictif The Philosophy of Time Travel, offrant une nouvelle piste d’interprétation. Le film laisse ainsi des énigmes que l’on discute encore des années plus tard.