Chapô : Emmanuel Macron a annoncé le 24 juillet la reconnaissance prochaine de l’État de Palestine par la France, une décision qui suscite des réactions polarisées tant au niveau international qu’au sein même du gouvernement français. Tandis qu’Israël dénonce une « récompense de la terreur », plusieurs acteurs palestiniens et arabes saluent cette initiative.
Annonce marquante à l’ONU
Le président français Emmanuel Macron a déclaré que la France reconnaîtra l’État de Palestine lors de l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2024. Dans un message sur ses réseaux sociaux, il explique que cette démarche s’inscrit dans son engagement pour une paix juste et durable au Proche-Orient. Il espère ainsi créer « une dynamique collective en ce sens ».

La France prévoit également de coprésider une conférence internationale avec l’Arabie saoudite, visant à relancer la solution « à deux États ». Prévue initialement pour juin, cette conférence avait été reportée en raison du conflit entre Israël et l’Iran. Une réunion ministérielle est programmée les 28 et 29 juillet à New York.
Actuellement, 142 pays ont reconnu un État palestinien selon un décompte de l’AFP.
Réactions divergentes
La réaction israélienne n’a pas tardé à arriver. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fustigé cette décision française, affirmant qu’elle constitue une « récompense de la terreur » après les attaques menées par le Hamas sur Israël le 7 octobre 2023. Il a aussi insisté sur le fait que les Palestiniens ne cherchent pas simplement à coexister avec Israël mais veulent s’y substituer.
Du côté américain, le secrétaire d’État Marco Rubio a décrit ce projet comme étant « imprudent » et un recul pour la paix, qualifiant cela de camouflet pour les victimes des attaques du 7 octobre.
Des réticences au sein d’Europe
En mai dernier, le Royaume-Uni, le Canada et la France avaient exprimé leur volonté éventuelle d’une reconnaissance commune dans une déclaration conjointe. Cependant, depuis cette annonce initiale, aucun progrès significatif n’a été réalisé. Par ailleurs, il existe diverses opinions parmi les pays européens: si certaines nations comme l’Irlande, l’Espagne, et la Norvège ont déjà reconnu cet État depuis mai 2024, d’autres comme l’Allemagne jugent qu’une telle reconnaissance serait un mauvais signal actuellement.
Perspectives incertaines
Dans sa lettre adressée à Mahmoud Abbas datée du 9 juin dernier, Macron rappelle certains engagements pris par ce dernier concernant notamment la démilitarisation du Hamas dans tout futur État palestinien ainsi que l’organisation d’élections législatives prévues pour 2026.
Ce développement intervient alors même que l’émissaire américain Steve Witkoff annonce finalement échouer dans ses tentatives de parvenir à un cessez-le-feu à Gaza. Dans ce contexte tendu où plus de deux millions d’habitants sont soumis à un blocus sévère privant leur région d’aide humanitaire essentiellée , des initiatives supplémentaires se mettent en place : ainsi ,tous yeux seront rivés sur entretien d’urgence annoncé par le Premier ministre britannique
Au sein même du paysage politique français ,la réaction est partagée : Jordan Bardella du Rassemblement National parle quant lui d’une « décision précipitée », qui donnerait au Hamas une légitimité nouvelle tandis que Jean-Luc Mélenchon voit plutôt cela comme une « victoire morale », regrettant cependant qu’elle ne soit pas immédiate.