Une enquête a été ouverte pour des actes de protestation liés à un crime contre l'humanité

Une enquête a été ouverte après une messe en hommage à Philippe Pétain, tenue le 15 novembre à Verdun. Le président de l’Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain (ADMP), Jacques Boncompain, et le prêtre qui a officié, Gautier Luquin, sont visés.

Le parquet de la Meuse a annoncé ce lundi 17 novembre l’ouverture d’une enquête pour « contestation de crime contre l’humanité » suite à cette messe. Jacques Boncompain avait déclaré devant les médias que Philippe Pétain était « le premier résistant de France ». Ces paroles ont conduit le préfet à signaler ces propos au procureur en raison de leur nature jugée « clairement révisionniste ». La préfecture a également mentionné qu’un aspect de cette procédure pourrait être « la perspective éventuelle de la dissolution » de l’ADMP, un processus géré par le ministère de l’Intérieur.

Une enquête a été ouverte pour des actes de protestation liés à un crime contre l’humanité

Le prêtre également mis en cause

L’enquête visant Jacques Boncompain inclut des accusations telles que la « contestation publique de l’existence des crimes contre l’humanité commis durant la Seconde guerre mondiale » ainsi que « tenue d’une réunion politique dans un local servant habituellement à l’exercice d’un culte », comme précisé par Delphine Moncuit, procureure de la République à Verdun. Le prêtre Gautier Luquin est également mis en cause pour avoir incité publiquement à désobéir aux lois ou actes officiels lors des célébrations.

Sammuel Hazard, maire divers gauche de Verdun, avait pris un arrêté pour interdire cet hommage, mais sa décision a été annulée par le tribunal administratif de Nancy quelques jours avant la messe.

Philippe Pétain est connu comme le vainqueur symbolique de la bataille de Verdun en 1916. Cependant, il devint chef du régime collaborationniste sous Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale. Après-guerre, il fut reconnu coupable d’indignité nationale et condamné à mort; sa peine fut finalement commuée en une détention perpétuelle.

Les sanctions pour des discours révisionnistes peuvent aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Cette infraction est définie par des actes consistant à nier ou banalisier gravement les crimes liés aux génocides ou aux crimes contre l’humanité.

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