En tant que professeur, je crains que l'IA ne facilite la triche étudiante et n'alourdisse ma charge

L’Université SOAS de Londres modifie ses méthodes d’évaluation pour contrer la tricherie par l’IA.

Risa Morimoto, maître de conférences en économie à l’Université SOAS de Londres, a annoncé qu’elle prévoit d’introduire de nouvelles méthodes d’évaluation pour dissuader l’utilisation des outils d’intelligence artificielle (IA) dans les travaux des étudiants. Depuis son arrivée en 2012, elle a constaté une évolution préoccupante de la tricherie facilitée par ces technologies.

En tant que professeur, je crains que l’IA ne facilite la triche étudiante et n’alourdisse ma charge

Morimoto, qui enseigne depuis 18 ans, explique que la prolifération des outils d’IA a compliqué la détection des actes de tricherie. « Il y a certainement des aspects positifs à l’IA », reconnaît-elle, mais elle s’inquiète que certains élèves utilisent ces technologies pour générer du contenu sans véritable réflexion ou engagement avec le matériel original.

La difficulté croissante de détecter la tricherie

Au départ, Morimoto avait un modèle axé sur les examens. Cependant, face aux exigences et au stress liés aux tests ponctuels, elle a transité vers un format basé sur les essais. Avec l’émergence de l’IA sophistiquée, reconnaître la triche devient plus ardu : « Je vais lire 100 essais et certains d’entre eux seront très similaires ». Elle souligne ainsi qu’il est fréquent que les étudiants évoquent des sources non enseignées en classe.

Elle utilise désormais des outils dédiés à la détection d’IA pour examiner les travaux submitted par ses élèves mais reste consciente que cette technologie présente certaines limites.

Les défis entourant l’utilisation de l’IA

Morimoto discute également avec ses collègues sur les implications éthiques entourant le recours à ces technologies dans le cadre académique. Lorsqu’elle introduit le sujet auprès des étudiants durant son cours initial, elle précise qu’ils sont libres d’utiliser l’IA comme aide pour comprendre ou corriger leur grammaire mais pas pour produire leurs réponses.

Cependant, lors de discussions autour de potentiels cas d’inde conduite académique où plusieurs étudiants ont été signalés pour avoir utilisé inappropriément ces outils, ceux-ci se défendent souvent en insistant sur leur intention légitime : « Ils n’ont utilisé que l’IA pour soutenir leur apprentissage et non pour écrire leurs réponses ».

Un changement radical dans le format d’affectation prévu

Pour répondre à ce défi croissant posé par la technologie IA dans le contexte éducatif moderne, Morimoto annoncera dès l’année prochaine un changement significatif dans ses modalités évaluatives. Ses nouvelles approches viseront à encourager une créativité accrue chez les élèves tout en établissant un lien direct avec ce qui a été appris pendant les cours.

Les nouveaux formats incluront notamment un projet où chaque étudiant choisira un sujet et résumera ce qu’il a appris ainsi qu’un blog permettant à chacun d’exprimer plus librement sa compréhension tout en évitant toute récupération passive.

Un porte-parole du SOAS ajoute que « nous examinons et mettons régulièrement à jour nos politiques » concernant l’utilisation appropriée de cellules IA afin «maintenir l’intégrité académique». Ce tournant pourrait redéfinir comment se déroulent les évaluations universitaires face aux enjeux technologiques actuels.

Ces modifications s’inscrivent dans un besoin plus large de reformulation de pratiques pédagogiques traditionnelles afin que celles-ci correspondent mieux aux compétences nécessaires dans un monde professionnel encore fortement influencé par les avancements technologiques rapides tels que ceux offerts par l’intelligence artificielle.

Passionné de sport et grand fan de la NBA je m’intéresse autant aux grands événements internationaux qu’aux histoires humaines qui se jouent en coulisses. Curieux et amateur de voyages, j’aime transmettre l’énergie et les émotions qui font vibrer le monde du sport.