2wai, une société d’intelligence artificielle, suscite la controverse après le lancement de son application pour créer des avatars. Le 11 novembre, l’entreprise a présenté un outil permettant aux utilisateurs de concevoir des HoloAvatars qui simulent la voix et les souvenirs de personnes décédées. Cette initiative a reçu des critiques virulentes sur les réseaux sociaux, mentionnées par son co-fondateur Calum Worthy.
Un lancement controversé
La société 2wai, basée à Los Angeles, a lancé le mardi 11 novembre une nouvelle application sociale pour avatars via l’Apple Store. Cette innovation utilise l’intelligence artificielle pour permettre aux utilisateurs de créer un HoloAvatar représentant des proches disparus : « qui vous ressemble et parle comme vous, et partage même les mêmes souvenirs », selon leur site Web. La promotion de l’application s’effectue à travers une vidéo réalisée par Calum Worthy, qui présente cet outil comme un moyen possible de « commémorer les proches décédés ». Dans cette vidéo devenue virale, avec environ 1,1 million de vues sur **X**, anciennement Twitter, on voit un avatar d’une dame âgée aidant sa fille pendant sa grossesse via smartphone. Worthy interroge dans la vidéo : « Et si les êtres chers que nous avons perdus pouvaient faire partie de notre avenir ? » L’histoire se déroule sur plusieurs années où le petit-fils interagit avec son avatar grand-mère afin d’obtenir des conseils pendant sa propre vie familiale. La vidéo se termine par la phrase évocatrice : « Avec 2wai, trois minutes peuvent durer une éternité ».
Des réactions négatives en chaîne
Les internautes ont largement réagi négativement au concept proposé par 2wai. Un utilisateur déclare : « C’est la chose la plus perverse que j’ai jamais vue… » tandis qu’un autre qualifie ce projet d’« ignoble ». Les critiques soulignent également les potentielles implications psychologiques néfastes de vivre dans un monde où les gens pourraient devenir dépendants à ces simulations. Une personne commente que ce type d’application contribue à créer « des adultes dépendants et lobotomisés », renvoyant ainsi à un débat plus large sur le rapport entre technologie et gestion du deuil. Un autre internaute questionne sarcastiquement l’idée de vouloir ne plus jamais parler à ses parents décédés en utilisant cette technologie. Worthy tente aussi d’encourager l’essai de sa version bêta : « Essayez la version bêta de 2wai sur l’App Store. Android bientôt disponible ». Cependant, face au flot critique qu’elle suscite, il est clair que cette innovation pose davantage questions qu’elle n’apporte immédiatement réponses satisfaisantes. Le développement d’applications utilisant l’intelligence artificielle pour recréer ou conserver des mémoires pose alors plusieurs enjeux éthiques concernant notre rapport au souvenir et à la mort dans notre société moderne.