Les grandes entreprises technologiques, comme Apple et Amazon, sont confrontées à des allégations croissantes selon lesquelles elles retiennent des documents cruciaux dans le cadre de litiges judiciaires. Ces pratiques soulèvent des questions sur l’intégrité juridique et les stratégies utilisées pour échapper aux sanctions.
Des méthodes contestées chez Apple
Les avocats représentant Big Tech déploient des efforts considérables pour protéger des géants comme Apple, Google et Amazon. Une tendance émergente implique d’utiliser le privilège avocat-client pour dissimuler ou retarder la remise de preuves. Le combat juridique d’Apple, notamment contre Epic Games concernant son App Store, illustre cette situation. Selon le juge Yvonne Gonzalez Rogers, Apple a violé une injonction en 2021 pour retirer certaines limitations et a trompé le tribunal.

Le vice-président financier d’Apple, Alex Roman, a été accusé par Rogers d’avoir « menti sous serment » en affirmant que les documents internes relatifs à une commission de 27% étaient réels alors qu’ils ne l’étaient pas. La juge a également exprimé sa préoccupation quant à la manipulation intentionnelle par Apple des éléments présentés au tribunal.
Rogers a soulevé des préoccupations similaires concernant une réunion du PDG Tim Cook qui aurait eu lieu en juin 2023. Apple aurait retardé la divulgation de cette réunion jusqu’en 2025 afin de protéger ses cadres supérieurs.
Un phénomène inquiétant au sein de Big Tech
Les tensions autour d’Apple ne sont qu’un exemple parmi d’autres au sein du secteur technologique. D’après un rapport, Amazon fait face à des accusations similaires avec la Federal Trade Commission (FTC). Celle-ci soutient qu’Amazon a retenu plusieurs milliers de documents importants, notamment des informations touchant son fondateur Jeff Bezos, qualifiant cela « d’abus systémique de privilèges ». Après avoir retiré environ 92% de ses allégations juridiques, Amazon a soumis près de 70 000 documents cachés.
Dans un autre dossier impliquant Google et Epic Games en 2023, il s’est avéré que Google n’avait pas correctement archivé les preuves nécessaires pour étayer sa cause. L’avocat principal d’Alphabet affirmait que Google respectait ses obligations légales ; ce que le juge contesta vivement en qualifiant son témoignage « d’évasif ».
Une culture problématique ?
Ces comportements suggèrent que certains géants technologiques considèrent les conséquences potentielles liées aux manquements face aux tribunaux comme inférieures aux risques associés à la divulgation complète des faits implicites dans leurs affaires judiciaires. L’ancien directeur adjoint de la FTC, John Newman, exprime son indignation sur ces pratiques : « Ils encouragent activement ce genre de choses », faisant référence au fait que les avocats semblent peu punis pour leurs actions inappropriées.
De manière similaire, l’avocate antitrust Megan Gray évoque un « riche privilège » qui conduit les grands cabinets juridiques à minimiser l’importance du respect strict du droit judiciaire associé à leur défense stratégique ; un comportement parfois jugé irresponsable étant donné leur statut dans l’économie mondiale.
Cette dynamique pourrait engendrer une « culture anarchique » où prévalent intérêts corporatifs contre objectifs judiciaires essentiels tout tenant compte du poids économique considérable exercé par ces firmes sur leur environnement légal immédiat.