Geoffrey Hinton critique la lenteur de Google dans le déploiement de ses chatbots
Geoffrey Hinton, surnommé le « parrain de l’IA », a exprimé des réserves quant à la rapidité avec laquelle Google a lancé ses chatbots par rapport à OpenAI. Dans une récente interview, il a mis en avant des préoccupations liées à la réputation qui ont freiné l’entreprise.
Dans un épisode du podcast « Journal of a PDG » diffusé le 16 juin, Hinton a souligné que Google aurait hésité à relâcher ces gros modèles d’IA en raison de leur préoccupation pour sa réputation : « Quand ils ont eu ces gros chatbots, ils ne les ont pas libérés, peut-être parce qu’ils étaient inquiets de leur réputation. Ils avaient une très bonne réputation, et ils ne voulaient pas l’endommager. »

Hinton a précisé que cette situation contrastait avec celle d’OpenAI, qui aurait agi plus vite car n’ayant pas de grande réputation à protéger : « OpenAI n’avait pas de réputation, et afin qu’ils puissent se permettre de prendre le pari. »
En effet, Google avait lancé son chatbot nommé Bard en mars 2023 mais était déjà en retard par rapport au lancement de ChatGPT fin 2022. Le directeur général d’IA chez Google, Demis Hassabis, avait également reconnu précédemment que Google privilégiait une approche plus conservatrice vis-à-vis des nouvelles technologies. Il déclarait alors que la société devait faire face au « risque de réputation », tandis que des start-ups comme OpenAI pouvaient se permettre davantage d’expérimentation.
Cependant, malgré les lacunes dans certains aspects du produit comme les biais présents dans ses réponses ou fonctionnalités générateurs d’images post-lancement, Hinton émet un jugement nuancé sur la démarche globale de Google : « Je pense que Google s’est comporté de manière très responsable. »
Par ailleurs, lorsqu’il s’agit d’évaluer le leadership actuel chez OpenAI dirigé par Sam Altman, Hinton reste réservé. Interrogé sur si Altman possédait une « bonne boussole morale », il répond simplement : « Nous verrons. » Néanmoins, il avoue ne pas connaître personnellement Altman et donc choisit l’ambiguïté sur ce sujet.
Les critiques envers OpenAI se sont intensifiées récemment concernant leurs méthodes sécuritaires différentes par rapport aux standards antérieurs. L’entreprise reconnaît désormais explorer divers domaines tels que la cybersécurité et les menaces chimiques.
La concurrence entre OpenAI et Google pour conquérir le marché des chatbots fait rage tandis qu’un enjeu majeur demeure autour des considérations éthiques et sécuritaires implémentées dans ces technologies émergentes.