Extrait d'un livre : Mon expérience avec le terme Copaganda

Dans son nouvel essai, I Want to Burn This Place Down, Maris Kreizman explore sa relation complexe avec la police américaine ainsi que l’impact de la culture médiatique sur cette perception.

Alors qu’elle grandissait dans les années 1980 et 1990, elle pensait que les policiers étaient « les bons gars ». Cependant, au fil du temps, cette vision a évolué vers une prise de conscience plus nuancée et critique des institutions américaines.

Extrait d’un livre : Mon expérience avec le terme Copaganda

Une enfance façonnée par les écrans

Maris Kreizman se remémore ses débuts, où le téléviseur dictait sa compréhension du monde. Dans son foyer, regarder trop de TV était mal vu, mais c’était là où elle en apprenait le plus sur ce qui se passait au-delà de son quartier suburbain. Elle cite Don DeLillo en notant que pour beaucoup d’Américains des années 80 « il n’y avait que deux endroits dans le monde : l’endroit où ils vivaient et leur téléviseur ».

La perception héroïque des forces de l’ordre

Kreizman relate comment les films et séries policières ont eu un impact durable sur sa vision de la loi et de l’ordre. Les références à des œuvres comme Miami Vice ou Cops lui faisaient croire que le travail policier ressemblait davantage à une vie d’aventure qu’à une réalité souvent monotone.

Elle évoque également des incidents personnels qui lui ont laissé croire à une étude positive des interventions policières dans sa jeunesse. Lors d’une bagarre entre ses frères adolescents, l’arrivée apaisante d’un policier resté gravée dans sa mémoire témoigne alors d’une approche respectueuse et autoritaire.

Un changement radical après 9/11

Les événements tragiques du 11 septembre 2001 ont marqué un tournant crucial dans la perception publique des forces policières aux États-Unis. En dépit de leur implication accrue après ces attaques, Kreizman commence à se poser sérieusement des questions sur le rôle réel du NYPD – notamment par rapport aux stratégies coercitives mises en place sous Rudy Giuliani.

Elle observe ensuite comment la lutte contre le racisme systémique a pris une nouvelle ampleur avec Black Lives Matter, particulièrement après l’assassinat de George Floyd. Ce mouvement a révélé non seulement la brutalité policière mais aussi l’effet corrosif d’un discours pro-policier systématique cultivé par certains médias.

Réflexion personnelle sur son parcours familial

De manière poignante, Kreizman raconte que ses propres frères sont devenus policiers eux-mêmes. Bien qu’elle ait grandi avec eux et partagé tant de souvenirs joyeux liés à la télévision, leurs choix professionnels mettent désormais en exergue un fossé profond dans leurs idéaux respectifs quant au bon rôle joué par la police.

« Je ressens notre terrain commun diminuer chaque année », affirme-t-elle sévèrement lors du réexamen constant non seulement individuellement mais aussi collectivement au sein de leur famille face aux atrocités dont semblent être responsables certaines figures policières aujourd’hui.

Appel à repenser notre confiance

Finalement, Maris Kreizman plaide pour un renouveau autour des valeurs mettant en avant davantage les filets sociaux plutôt qu’une admiration aveugle pour ceux qui portent un uniforme fétichisé depuis trop longtemps par Hollywood : « Nous avons besoin de moins d’héros aspirants et plus de filets sociaux pour tous ». Ces mots soulignent une profonde introspection mise envers cet univers auparavant admiré qui mérite désormais réforme.

Ce récit personnel résume non seulement une quête identitaire mais met aussi en évidence la nécessité cruciale d’interroger nos perceptions biaisées forgées autrefois près des écrans afin de refléter véritablement ce qu’est la société moderne avec toutes ses sombres complexités.

Journaliste spécialisé dans l’actualité, je combine dix ans d’expérience en rédaction avec une curiosité constante pour la société et l’innovation. Marié et passionné de randonnée, j’aime partager une information claire, fiable et accessible à tous.

Extrait de l'ouvrage : Mon expérience avec le terme "copaganda"

Dans son nouvel essai, I Want to Burn This Place Down, Maris Kreizman explore comment sa vision de la police a évolué depuis l’enfance. Issue d’un milieu où les forces de l’ordre étaient perçues comme des protecteurs, elle partage ses réflexions sur le rôle essentiel du récit médiatique dans cette perception. En grandissant à l’époque où « les flics sont les gentils », elle rapporte comment sa compréhension des institutions a progressivement changé.

Une enfance façonnée par la culture télévisuelle

Kreizman décrit son enfance dans une famille qui limitait le temps passé devant la télévision, bien que cela n’ait pas empêché son exposition à un monde imaginaire dominé par des séries et films policiers. Elle évoque des émissions emblématiques comme Miami Vice et 21 Jump Street qui peignaient un tableau héroïque des forces de l’ordre.

« Pour beaucoup de gens, il n’y a que deux endroits dans le monde : là où ils vivent et leur télévision », cite-t-elle en référence au livre White Noise de Don DeLillo.

Dans sa jeunesse, Kreizman passait du temps avec ses frères jumeaux en regardant diverses émissions tout en se sentant témoin d’une union fraternelle unique.

La mythologie policière face à la réalité

En évoquant des situations tendues entre ses frères pendant leur adolescence, notamment lorsque sa mère a fait appel à la police après une altercation familiale, Kreizman prend conscience qu’invoquer ces figures d’autorité était perçu comme une solution rassurante. « Nous étions si reconnaissants », écrit-elle.

Cependant, avec le temps et les événements marquants tels que les attentats du 11 septembre 2001 et le déferlement médiatique autour de la violence policière lors de manifestations récentes, son admiration pour les forces de l’ordre s’est fissurée. Après avoir déménagé à New York en 2000 malgré sa peur initiale du danger urbain omniprésent, « tous coupables jusqu’à preuve du contraire », elle commence à remettre en question la notion même d’autorité policière préservant réellement notre sécurité.

Changement sociétal et réalités dérangeantes

Le passage aux réseaux sociaux devait également révolutionner la façon dont nous percevons la police et leurs actes. Les mouvements Black Lives Matter ont mis au premier plan ces abus structurels longtemps couverts par une ombre suggestive ou des dégâts causés par cette institution devenue souvent malveillante aux yeux publiquement exposés.

Avec l’élection d’Éric Adams comme maire de New York et son budget policier atteint 5,83 milliards de dollars pour 2023, Kreizman observe une militarisation croissante au détriment d’autres services vitaux : « L’éducation est réduite tandis que les budgets sociaux sont amputés ».

Un héritage familial complexe

Maris explique enfin que deux décennies plus tard, ses frères sont devenus policiers eux-mêmes mais travaillent séparément. Bien qu’ils aient été influencés par ce qu’ils avaient vu durant leur enfance sur écran, devenant ainsi acteurs eux-mêmes dans un récit endoctriné, elle ressent toute l’importance du regard critique sur cette réalité entretenue par « la copaganda. »

Elle conclut en exprimant l’idée selon laquelle plutôt qu’une dépendance nostalgique envers ces récits fantasmés liés aux héros scientifiques ou policiers glorifiés : « Nous avons besoin de moins aspéritoires vers héroïsme éphémères mais davantage consistants transparents. »

Journaliste spécialisé dans l’actualité, je combine dix ans d’expérience en rédaction avec une curiosité constante pour la société et l’innovation. Marié et passionné de randonnée, j’aime partager une information claire, fiable et accessible à tous.