Le Festival d'Anjou privilégie une démarche indépendante et inventive

Le Festival d’Anjou face à un défi financier

Pour ses 75 ans, le Festival d’Anjou se trouve contraint de se réinventer après la suppression de ses subventions par la région Pays de la Loire et la ville d’Angers. Jean Robert-Charrier, son directeur artistique, rappelle que cela représente une perte de près de 250 000 euros.

Jean Robert-Charrier a dû rapidement envisager des solutions alternatives. « Nous nous sommes tournés vers le monde de l’entreprise afin de pallier ce manque financier. Et nous avons finalement réuni plus que nécessaire, grâce à 83 mécènes, contre 60 l’an passé », déclare-t-il. Cependant, il souligne que ce désengagement est problématique au-delà du seul aspect financier : « Les mécènes préfèrent une programmation grand public et ont envie de pièces connues, de têtes d’affiche. Or mon rôle est aussi de faire de la découverption, de proposer de jeunes artistes. Nous avons supprimé le concours des compagnies émergentes parce qu’il était porté par des financements publics. »

Le Festival d’Anjou privilégie une démarche indépendante et inventive

Concentration sur deux lieux principaux

Le festival se concentre sur deux lieux principaux, avec un point fort dans la cour du château du Plessis-Macé ayant une capacité d’accueil de 1 500 personnes par soir. Charrier affirme que le soutien du public local a été remarquable : « Avant même que le festival ne démarre, nous avions un taux de remplissage de 98,5%… Le spectacle qui me semblait le plus compliqué à vendre, « La réunification des deux Corées », affiche complet. » Il ajoute : « Dans un autre contexte, je ne sais pas si nous aurions atteint tels scores. »

Sélection variée des œuvres

À travers cette édition qui durera quatre semaines, Jean Robert-Charrier propose une sélection variée empruntant tant aux classiques qu’à des œuvres contemporaines comme « Cercle des poètes disparus », « Jeu de l’amour et du hasard », ou encore en collaborant avec Théo Askolovitch et Aymeric Lompret.

Espoir et réalisme face à l’incertitude

Face à l’incertitude financière liée à ce désengagement des pouvoirs publics, Charrier garde néanmoins espoir mais reste réaliste sur les conséquences futures : « Tant que les entreprises vont bien, nous pourrons assurer la pérennité du festival. Mais le jour où elles iront mal ou feront d’autres choix, que deviendrons-nous ? »

Malgré tout cela, le directeur artistique met en garde contre les dérives possibles liées aux financements privés : « Le risque, c’est que nous nous enfermions dans une formule qui ronronne et que l’on ne programme que des pièces dont on est sûr qu’elles amèneront du monde. »

Le Festival d’Anjou continue donc jusqu’au 28 juin sans savoir quels seront réellement ses soutiens futurs en termes institutionnels ou financiers mais visant toujours à rendre accessible la culture pour tous malgré ces incertitudes croissantes.

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