Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, les chercheurs américains se trouvent confrontés à un climat hostile. Une majorité envisage de quitter le pays, et certains se tournent vers la France pour trouver refuge. L’université Aix-Marseille a reçu près de 300 candidatures provenant principalement d’institutions prestigieuses américaines.
Une réponse à un SOS académique
Fin mars 2023, un sondage réalisé par la revue scientifique Nature a révélé qu’une immense majorité de chercheurs aux États-Unis envisageaient l’exil. Les raisons en sont multiples : coupes budgétaires, licenciements en masse et ambiance politique jugée défavorable à la recherche sous l’administration Trump.

Quelques semaines plus tard, cette tendance s’est concrétisée avec l’annonce faite dans Libération que l’université Aix-Marseille offrait un « asile scientifique » intitulé « Safe place for science ». Environ 298 universitaires ont répondu à cet appel, dont 242 ayant satisfait aux critères d’éligibilité.
Candidats de renom
Les demandes émanent de chercheurs issus d’établissements renommés comme Johns Hopkins, la NASA, Columbia, Yale ou encore Stanford. Éric Berton, président de l’université Aix-Marseille, indique que plusieurs candidatures ont été soumises via des messageries cryptées et comportaient des témoignages alarmants sur les menaces pesant sur ces scientifiques sous l’administration actuelle.
Des Européens et quelques ressortissants indiens et brésiliens. Plus d’une douzaine de Français se sont également portés candidats.
Un statut pour les réfugiés scientifiques ?
Dans leur tribune conjointe publiée avec François Hollande, Éric Berton soulève également le besoin urgent d’un statut spécifique pour protéger ces scientifiques victimes du climat politique actuel : « Les mécanismes d’asile actuels ne prennent pas en compte les spécificités de l’environnement universitaire ». Il propose ainsi la création d’un statut dénommé « réfugié scientifique ».
Cette proposition est soutenue par un projet de loi soumis à l’Assemblée nationale qui vise à offrir une protection subsidiaire aux chercheurs exposés à des atteintes graves contre leur liberté académique. Cette notion pourrait permettre une gestion accélérée et efficace du traitement des demandes selon des critères clairement établis.
« S’ils sont interrompus, entravés ou empêchés (…), ce sera un pas en arrière pour l’humanité », conclut Éric Berton, soulignant ainsi l’importance cruciale du soutien accordé aux esprits brillants menacés dans leurs pays respectifs.
Le contexte actuel au sein du milieu académique américain soulève donc des questions fondamentales quant au soutien apporté aux scientifiques face aux régimes autoritaires et démontre combien il est vital pour le progrès humain que ces talents puissent poursuivre leurs recherches sans crainte ni restriction.