Le ministère de la Justice a donné son accord le 16 juin dernier pour que le pôle des crimes non élucidés de Nanterre utilise la généalogie génétique dans deux affaires de viols en série. La première est liée à un individu surnommé le « violeur au couteau » dont l’ADN a été retrouvé sur trois victimes.
Le profil du « violeur au couteau »
Les attaques attribuées à cet agresseur s’étalent sur plusieurs années. La première affaire remonte au 19 décembre 2011, lorsque, à Saint-Paul-Lès-Dax, une femme est agressée dans un parc alors qu’elle promenait son chien. Son agresseur, après lui avoir demandé une cigarette, la menace avec un couteau et commet des attouchements suivis d’un viol. Moins de deux semaines auparavant, le 9 décembre 2011, une deuxième victime subit un sort similaire à Gujan-Mestras ; ici aussi, l’homme entre par effraction dans sa voiture et lui impose la même violence.

Un passé criminel connu
Les enquêteurs ont établi un lien rapide entre ces deux affaires grâce à l’analyse ADN qui identifie le même auteur présumé. Il devient évident que cet homme a attaqué encore plus tôt, soit le 14 février 2002, près de Melun, où il avait déjà utilisé un couteau sur une autre victime. Les descriptions recueillies montrent que les victimes font état d’un homme mesurant entre 1,60 m et 1,70 m, âgé de 30 à 40 ans, avec des yeux foncés et sans accent.
Malheureusement pour les enquêteurs, cet individu ne figure ni au Fichier national des empreintes génétiques (Fnaeg) ni parmi les personnes enregistrées ; la technique d’ADN de parentèle n’a également fourni aucun résultat significatif lors de sa recherche.
Une autre affaire à Reims
Dans une seconde enquête portant sur des agressions similaires survenues à Reims entre les mois de juin et novembre 2004 (les 4 juin, puis les 17 et 23 novembre), trois femmes ont été attaquées chez elles par un homme cagoulé armé d’un couteau.
L’espoir grâce à la généalogie génétique
Face au manque d’éléments nouveaux dans ces enquêtes, gérées par l’Office centrale pour la répression de la violence aux personnes (OCRVP), les magistrats du pôle cold cases avaient depuis deux ans plaidé pour recourir à cette méthode innovante permettant potentiellement d’élargir leur cercle investigatif vers des membres éloignés de l’auteur présumé.
Cette approche a déjà fait ses preuves aux États-Unis; elle avait notamment joué un rôle crucial dans l’affaire dite « du prédateur des bois », où cinq agressions avaient eu lieu entre 1998 et 2008 avant finalement d’être résolues.
La mise en œuvre prochaine de cette technologie pourrait offrir une opportunité inédite pour identifier ces violeurs en série qui échappent encore aux mailles du filet judiciaire français.