Le Premier ministre, François Bayrou, a perdu son dernier pari avec un vote de confiance largement défavorable. Ce revers entraîne sa démission et place Emmanuel Macron dans une situation délicate pour le choix d’un nouveau locataire pour Matignon.
Depuis la demande de vote de confiance du 25 août, François Bayrou s’est engagé dans une série d’interventions médiatiques. L’objectif était d’alerter sur la situation économique et de défendre son bilan. Il avait présenté ce moment comme vital, mais il a finalement été qualifié de « suicide politique » par Nicolas Sarkozy. Le Parti socialiste et le Rassemblement national ont uni leurs voix contre lui, déclenchant ainsi des tensions autour du plan présenté le 15 juillet qui proposait notamment la suppression de deux jours fériés.

« Vous ne pouvez pas effacer le réel »
Dans une intervention marquée par l’émotion dix jours avant son éviction, François Bayrou affirmait : « Nous sommes en 2025. Mais un jour, 2025 figurera sur cette liste des années charnières ». En appelant au sacrifice, il a souligné que « D’habitude, les gouvernants s’accrochent. Pas moi ». Son dernier discours à l’Assemblée fut alarmant : « Le pronostic vital du pays est engagé ».
Nommé en décembre dernier après avoir succédé à Michel Barnier, François Bayrou avait anticipé les défis qu’il allait devoir relever. À juste titre, il avait déclaré : « Enfin les ennuis commencent ». Les neuf mois passés ont été chargés entre scandales et tentatives désespérées de redresser sa popularité.
Que va faire Emmanuel Macron ?
Alors que les yeux se tournent vers l’Élysée, Emmanuel Macron doit réagir rapidement dans un contexte où son impopularité atteint des sommets historiques. Deux options s’offrent à lui : soit nommer un membre du bloc central susceptible d’entraîner une nouvelle impasse avec la censure raccrochée aux oppositions ; soit opérer un virage vers la gauche pour attirer le soutien des socialistes tout en risquant celui des Républicains.
Ce choix se fait urgent alors que l’agence Fitch doit annoncer prochainement sa décision sur la note souveraine de la France. Un abaissement pourrait nuire davantage à l’image financière française déjà affectée par une dette atteignant 3 400 milliards d’euros. De plus, le pays doit se préparer adoptant rapidement un budget afin d’éviter une répétition des crises précédentes autour du dossier budgétaire.
Historiquement soutenu par François Bayrou depuis ses débuts politiques en tant que candidat crédible en 2017, Emmanuel Macron se trouve aujourd’hui dans une position fragilisée avec cette alliance rompue. Reste à déterminer si cette chute politique pourra également entraîner celle du président sorti récemment renversé.