Chela Noori, ancienne réfugiée en France, a récemment effectué un voyage poignant en Afghanistan, le pays de son enfance, du 21 mai au 4 juin. Elle témoigne des graves conséquences de la prise de pouvoir des Talibans sur les femmes et les enfants dans cette région marquée par la pauvreté, l’absence d’éducation et un climat d’oppression.
Le Contexte de Son Voyage
Après six ans d’absence, Chela Noori se rend en Afghanistan afin de comprendre la réalité actuelle et aider son association à résoudre des problèmes liés à l’aide alimentaire réservée aux femmes isolées. « Je n’étais pas retournée en Afghanistan depuis 2017. J’entendais tout et son contraire. »

Son arrivée à Kaboul lui révèle une ville transformée où règne paradoxalement un sentiment de paix imposé par les Talibans. Cependant, cette tranquillité s’accompagne d’un retour à des pratiques archaïques où l’accès à l’éducation est presque nul pour les filles et très limité pour les garçons.
Une Économie en Déroute
Bien qu’elle ait observé que certains marchés restent ouverts et approvisionnés, Chela Noori souligne que « les mendiants se cachent car s’ils se font prendre par les (Talibans), on les jette en prison ». Les hommes errent dans les rues sans travail alors que « quasiment tout le monde cherche du travail… ».
Le Calvaire des Femmes
Lors de son séjour, elle rencontre plusieurs femmes qui partagent leur détresse face au système oppressif actuel : « Elles sont dans une détresse totale. leurs vies se cantonnent désormais à rester chez elles ». Beaucoup expriment leur désespoir quant à leur avenir avec une éducation interdite pour les plus jeunes : ces petites filles savent qu’elles ne pourront pas poursuivre leurs études dès qu’elles atteindront l’âge d’adolescence.
Les témoignages recueillis révèlent également des situations extrêmes symptômatiques du désespoir : « J’en ai interviewé une qui m’a avoué hors caméra : « Je vais te dire quelque chose que je n’ai même pas dit à ma propre mère » ». Des récits effrayants montrent comment certaines jeunes filles disparaissent parfois sans laisser de traces ou choisissent tragiquement le suicide plutôt que d’affronter ce nouvel état social humiliant.
L’Omniprésence des Talibans
Noori met également en lumière un groupe encore plus radical connu sous le nom d’« Amres Ben Marouf » qui impose rigoureusement la charia. Ces membres portent traditionnellement des vêtements blancs avec un turban noir et sont responsables notamment de violations cruelles envers celles qui osent violer leurs règles strictes sur le comportement féminin.
La Situation Actuelle
Bien que certains travaux d’infrastructures soient visibles partout dans le pays – un aspect positif souligné par Chela – il est clair que tant que la communauté internationale ne conditionnera pas la reconnaissance officielle du régime taliban au respect des droits fondamentaux tels que l’éducation pour tous, aucun progrès réel ne pourra être accompli. Comme elle conclut avec inquiétude : « S’il vous plaît, dites aux instances internationales. ».
Cette situation dramatique met davantage en lumière la nécessité urgente d’une action internationale concertée pour aider non seulement les femmes afghanes mais aussi toute une génération sacrifiée sur l’autel du fanatisme religieux.