Succès et réflexions de Dominik Moll, cinéaste à la carrière prolifique
Après le succès retentissant de « La Nuit du 12 » et une pluie de César, Dominik Moll revient sur l’ensemble de son oeuvre. S’appuyant sur des films marquants allant d’une comédie romantique à des enquêtes plus sombres, le réalisateur évoque ses choix artistiques et ses évolutions.
Les débuts avec « Intimité »
Le premier film de Dominik Moll, « Intimité » (1993), ne se prête ni au polar ni à l’étrange. Cette comédie raconte comment une femme initie sa meilleure amie à l’épanouissement sexuel en lui présentant un amant. Pour le réalisateur, ce film esquisse déjà des thèmes récurrents : “Il évoque déjà un certain mystère : l’opposition entre la surface des choses et les sentiments profonds mais aussi une certaine injonction au bonheur”.

L’ascension avec « Harry, un ami qui vous veut du bien »
Son deuxième film, « Harry, un ami qui vous veut du bien » (2000), présenté au Festival de Cannes, marque un tournant dans sa carrière. Le succès est énorme avec plusieurs millions d’entrées. Il déclare : “Je retiens ce plaisir de la coécriture et d’un partage des rôles”. Ce projet a manifestement été décisif pour sa collaboration future avec Gilles Marchand.
Réflexions sur « Lemming »
Dans « Lemming » (2005), Dominik Moll admet que le film n’avait pas forcément sa place en ouverture du Festival : “C’est un film où il y a plein de choses que j’aime vraiment énormément et d’autres que je ne referais pas de la même façon aujourd’hui.” Malgré tout, il a attiré 450 000 spectateurs.
Exploration visuelle avec « Le Moine »
En 2011, il réalise « Le Moine », son unique film en costume avec Vincent Cassel. Il ressent parfois “la lourdeur et la pression” du budget élevé du projet mais apprécie certaines libertés prises durant le tournage.
Évolution vers les séries TV
Moll s’engage ensuite dans deux projets télévisuels significatifs. D’abord pour la série franco-britannique « Tunnel » (2013) où il apprend à travailler efficacement sous pression. Puis pour « Eden » (2019) sur Arte abordant frontalement les questions migratoires : “C’est un projet beaucoup plus personnel”, se souvient-il.
Vers une comédie humaine dans « Des nouvelles de la planète Mars »
Avec « Des nouvelles de la planète Mars » (2016), autour d’un homme lambda perturbé par deux outsiders écolos joués par François Damiens et Vincent Macaigne, moll souhaite voir ce film « réhabilité ». Il ajoute : « C’est un film pour lequel j’ai beaucoup de tendresse ».
Adaptation littéraire dans « Seules les bêtes »
Dans son dernier long métrage avant « La Nuit du 12 », “Seules les bêtes” (2019), basé sur le roman noir éponyme, Dominic explore une structure narrative non linéaire : “Ça a donc été vraiment passionnant à faire”.
Le triomphe critique et populaire avec « La Nuit du 12 »
Le dernier né avant son nouveau projet prévu pour 2025 est sans conteste “La Nuit du 12” (2022) qui totalise plusieurs récompenses aux César dont celui du meilleur film : « Je pense que ce film a réussi un bon mélange » , explique-t-il.
Perspectives avenir : enquête sociale dans « Dossier 137 »
Son prochain opus prévu pour 2025 sera “Dossier 137”centré sur l’enquête menée par Léa Drucker après qu’un jeune ait été blessé lors des manifestations contre les gilets jaunes. Dominik souligne : “Je veux nommer les choses. Des policiers ont un problème avec la violence”.
À travers cette trajectoire artistique remarquable ayant fait évoluer sont propos face aux enjeux sociétaux contemporains tels que les violences policières ou les thématiques écologiques, Dominik Moll consolide peu à peu sa réputation comme figure emblématique au sein du cinéma français actuel.