Le récit fascinant du Prince de Conty, naufragé en 1746 près des côtes bretonnes

La justice française s’apprête à juger plusieurs personnes, dont une romancière américaine, accusées de vendre illégalement des lingots d’or provenant de l’épave du Prince de Conty, un navire naufragé au large de Belle-Île-en-Mer. Le parquet a requis le renvoi en jugement des parties impliquées, avec une audience attendue à l’automne 2026.

L’épave du Prince de Conty pillée en 1975 en Bretagne

Le Prince de Conty, navire marchand français qui faisait le commerce avec l’Asie, a coulé lors d’une tempête à l’hiver 1746. Son épave a été découverte en 1974, reposant à 10-15 mètres de profondeur près de Belle-Île-en-Mer. Moins d’un an après sa découverte, des pillards ont extrait un lingot d’or.

Le récit fascinant du Prince de Conty, naufragé en 1746 près des côtes bretonnes

Dans les années 1980, des fouilles ont mis au jour des artefacts précieux tels que de la porcelaine chinoise et trois lingots d’or. Cependant, une violente tempête en 1985 a dispersé les restes du navire et stoppé les fouilles officielles.

La romancière identifiée comme étant la vendeuse

Les enquêteurs attribuent rapidement la vente à Eleanor « Gay » Courter. Âgée aujourd’hui de 80 ans et vivant en Floride, elle se justifie en disant avoir reçu ces lingots via deux amis français : Annette May Pesty (78 ans) et son compagnon décédé Gérard.

Lors d’un passage télévisuel dans Antiques Roadshow en 1999, Gay Courter affirmait avoir trouvé le métal précieux lors d’une plongée au Cap-Vert. Toutefois, cette version est considérée peu crédible par les enquêteurs qui se sont concentrés sur son beau-frère Yves Gladu (77 ans).

En 1983, plusieurs individus avaient déjà été condamnés pour détournement lié au pillage du Prince de Conty. En 1999, durant son incarcération, Gladu confesse avoir récupéré jusqu’à seize lingots entre 1976 et 1999.

Procès probable à l’automne 2026

Yves Gladu entretenait depuis longtemps une amitié avec les Courters ; ils ont partagé ensemble vacances sur son catamaran depuis les années 1980. Selon les autorités françaises, le couple était détenteur d’au moins 23 lingots au total et avait réalisé pour plus de 150 000 euros (192 000 dollars) dès vente sur eBay concernant dix-huit exemplaires issus du trésor historique.

Le parquet maritime basé à Brest réclame donc que les Courters ainsi qu’Yves Gladu et Annette May Pesty soient jugés pour leurs actes criminels liés aux ventes illégales des biens volés. Un juge devra prochainement décider si le procès sera ouvert ou non mais tout indique qu’il pourrait avoir lieu à l’automne 2026.

Les défenses des Courters

L’avocat américain des Courters évoque leur méprise face aux lois encadrant ce type de transaction : « Les Courters ont accepté parce que ce sont des gens profondément gentils. Ils n’ont pas vu le mal. », soutient-il, ajoutant qu’ils n’ont tiré aucun profit financier direct selon ses dires.

La carrière d’Eleanor « Gay » Courter

Eleanor « Gay » Courter est également reconnue comme auteure prolifique ayant publié divers ouvrages portant sur le maritime ou expériences personnelles tragiques liées notamment au confinement pendant la pandémie de Covid-19 tandis qu’elle voyageait sur un paquebot japonais en 2020.

Cette affaire complexe rappelle combien il peut être délicat entre mélanges historiques maritimes et transactions modernes autour des trésors perdus sous la mer Atlantique.

Journaliste spécialisé dans l’actualité, je combine dix ans d’expérience en rédaction avec une curiosité constante pour la société et l’innovation. Marié et passionné de randonnée, j’aime partager une information claire, fiable et accessible à tous.