Thésaurisation compulsive : une étude met en lumière la stigmatisation et les difficultés sociales des thésauriseurs
Les thésaurisseurs compulsifs, souvent confrontés à des expériences de vie difficiles et à un sentiment de stigmatisation, ressortent d’une récente étude révélant leur perception négative de leurs communautés. Cette recherche souligne également le besoin urgent d’empathie et de compréhension dans la prise en charge de ce trouble, qui reste largement mal compris.

Une stigmatisation ressentie
Une étude menée par Jarrod Williams, étudiant doctoral en psychologie clinique à Mississippi State University, révèle que les personnes atteintes de thésaurisation se perçoivent vivant dans des quartiers moins sûrs. Selon l’étude publiée dans le Journal of Affective Disorders, ces individus rapportent un niveau élevé de discrimination quotidienne, causant une détérioration significative de leur bien-être social et émotionnel.
Williams souligne que « les personnes atteintes de thésaurisation éprouvent des taux élevés d’isolement et de solitude », ajoutant que « si nous pouvons réduire la fréquence à laquelle elles subissent discriminations, cela serait un pas très utile pour atténuer ce problème ».
Coûts publics désastreux
Le coût socio-économique du trouble est considérable. Entre 2014 et 2022, plus de 5 200 incendies résidentiels liés aux environnements encombrés ont entraîné 1 367 blessures pour les services d’incendie et plus de 396 millions de dollars en pertes.
Complexité du trouble
La thésaurisation est définie par un engagement émotionnel excessif envers des objets jusqu’à compromettre l’espace vital. Environ 6% des adultes plus âgés souffrent de cette condition, contre seulement 2% au sein du reste de la population. Les jeunes adultes signalent souvent l’émergence des comportements d’accumulation avant l’âge de 20 ans. Ces comportements sont parfois aggravés par des événements traumatisants ou stressants vécus tout au long de leur vie.
Williams précise que « ces résultats montrent qu’ils (les thésauriseurs) savent qu’ils sont stigmatisés » tandis que Lisa M. O’Neill, directrice associée au Centre sur le vieillissement à l’Université d’Arizona, souligne : « Pour progresser contre ce trouble, il faut qu’ils se sentent compris ».
Approches thérapeutiques
Historiquement, le traitement prédominant repose sur la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) visant à challenger les croyances erronées concernant les possessions personnelles. Des études indiquent que près de 71% des patients montrent une amélioration après plusieurs séances. Cependant, malgré son efficacité connue, beaucoup peuvent rechigner à consulter pour leur thésaurisation.
Comme le rappelle Jessica Rasmussen du Brigham and Women’s Hospital : « Les symptômes dépressifs ou l’anxiété sociale empêchent souvent ces individus de chercher de l’aide », exacerbant ainsi leur isolement social.
En mettant davantage l’accent sur la compréhension communautaire autour du processus thérapeutique nécessaire pour ceux souffrant du trouble compulsif d’accumulation, il pourrait devenir possible non seulement d’atténuer leurs douleurs mais aussi paradoxalement diminuer les conséquences néfastes liées à cette maladie sur son environnement immédiat englobé.