Châtillon-sur-Seine : Hubert Brigand, l’élu tenace qui milite pour une prison depuis 1987
Depuis près de quarante ans, Hubert Brigand, député et ancien élu municipal de Châtillon-sur-Seine, réclame l’implantation d’une prison dans sa commune. Face à un besoin croissant en places pénitentiaires en France, il persiste malgré des réponses souvent évasives du ministère de la Justice. Né à Bubry en 1951, Hubert Brigand a engagé ses démarches dès 1987, alors qu’il était chargé de l’économie dans sa ville. Son souhait d’accueillir un centre pénitentiaire s’est heurté à la récurrence des changements politiques et à l’indifférence administrative : « En près de quarante ans, j’ai reçu toute la panoplie de la politesse ! » se souvient-il avec humour. Ses archives sont devenues le témoin des échanges avec les différents ministres successifs depuis Albin Chalandon jusqu’à Gérald Darmanin.
La situation actuelle
La situation actuelle est marquée par un taux d’occupation carcérale préoccupant : au 1er mai 2025, la France compte 83 681 détenus pour seulement 62 570 places disponibles. Pour Brigand, cela rend son projet plus urgent que jamais. « Les élus locaux bloquent parfois les projets ; moi je défends le mien », assure-t-il. En effet, depuis 2002, plusieurs responsables politiques ont reconnu le potentiel économique d’un tel établissement dans une région qui subit une forte désindustrialisation.

Un pas vers l’avant
En réponse aux appels répétés de Brigand et malgré plusieurs changements ministériels, Châtillon-sur-Seine a récemment accueilli un petit établissement : un centre éducatif fermé pour jeunes dans les années 2000 qui a permis la création d’une trentaine d’emplois. Cependant, cela reste insuffisant selon lui au regard du réel besoin.
Un soutien prometteur
Le soutien prend une tournure positive avec une rencontre prévue entre François Bayrou et Hubert Brigand : « Si ça aboutit, ce serait une victoire pour le monde rural ! », déclare-t-il plein d’espoir après avoir reçu pour la première fois une réponse engageante du Cabinet le 14 mai dernier.
Un projet ambitieux
Avec ces nouvelles perspectives ouvertes sur son projet initial ambitieux et soutenu par quelques figures politiques comme François Patriat, maintenant sénateur macroniste, il espère enfin voir aboutir un plan qui pourrait créer jusqu’à 150 emplois localement tout en solutionnant partiellement le problème carceral français. Dans cette lutte fidèle pour revitaliser sa région économiquement délaissée tout en répondant aux besoins du système judiciaire français, l’avenir du projet semble se porter aujourd’hui sous un angle plus prometteur qu’il ne l’a été pendant des décennies.