Cinq mois après la fermeture du Marineland d’Antibes, les deux orques et douze dauphins restent seuls dans leurs bassins, sans aucune perspective d’accueil ailleurs. Malgré les inquiétudes exprimées par la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, les solutions envisagées pour leur bien-être tardent à se concrétiser.

- Les orques et dauphins du Marineland restent dans des bassins vides depuis sa fermeture.
- Des images montrent les orques tournant en rond dans de l'eau verdâtre.
- Agnès Pannier-Runacher s'inquiète mais aucune solution n'est trouvée.
- Des sites potentiels en Italie, Grèce et Espagne sont étudiés pour accueillir les orques.
Un naufrage animalier
Le Marineland, autrefois joyau d’Antibes, a fermé ses portes au public en janvier 2023. Si tous les animaux ont été transférés vers d’autres établissements en France, Espagne ou Chine, les deux orques – Wikie (23 ans) et Keijo (11 ans) – ainsi que les douze dauphins sont restés à l’abandon. Leurs conditions de vie se détériorent rapidement dans des bassins désertés.
Des images récentes partagées par l’ONG TideBreakers, obtenues grâce à un drone le 7 mai dernier, montrent des orques tournant désespérément en rond dans une eau verdâtre infestée d’algues potentiellement toxiques. La situation est accablante : « Abandonnées à leur triste sort », déplorent activistes et observateurs.
Les déclarations du gouvernement
Agnès Pannier-Runacher avait déjà exprimé ses préoccupations dès le 18 mars, craignant une « avarie » possible au parc notamment liée aux mauvais états des bassins réservés aux orques. À l’époque, elle promettait un transfert « sous un mois », alors que le contrat des soigneurs touchait à sa fin. Cependant, aucune solution n’a vu le jour mi-mai 2023 ; selon « Var Matin », personne ne sait encore où placer ces animaux vulnérables.
Toutefois, il est rapporté que les soigneurs continueront de s’occuper des animaux malgré l’absence d’interaction significative avec eux.
Une impasse législative
La situation est qualifiée de « kafkaïenne ». En effet, la loi interdisant dès 2026 tout spectacle impliquant des animaux sauvages complique davantage la recherche d’une issue. Les cétacés nés en captivité ne peuvent pas retrouver leur liberté plongée dans un milieu naturel qui leur serait hostile.
Bien qu’un accueil ait été envisagé au Japon auparavant pour Wikie et Keijo, ce plan a été abandonné face aux oppositions grandissantes. Actuellement, trois sites potentiels sont étudiés : en Italie (un sanctuaire projeté mais non opérationnel avant 2026), en Grèce (où le projet reste flou), et enfin en Espagne avec l’établissement controversé Loro Parque qui a connu plusieurs incidents tragiques parmi ses habitants.
La direction de Marineland alerte également sur la viabilité économique du parc : « L’urgence de la situation » souligne-t-elle ; maintenir ces deux orques coûte près de 3 millions d’euros par an sans revenus liés aux visites publiques depuis cinq mois déjà.
Cette crise met non seulement sous pression les acteurs politiques concernés mais également soulève plus largement la question du traitement adéquat réservé à ces océans vivants enfermés hors de leur habitat naturel.