Jim Legxacy, l’architecte d’une identité culturelle britannique noire
La nouvelle mixtape de Jim Legxacy, intitulée «3x», s’ancre dans le rap britannique tout en explorant des thèmes profonds liés à l’identité. Avec des références au classique de Dave, «Wanna Know», et à son vécu personnel marqué par la perte et le traumatisme, cet album se veut un reflet de la diversité et de la richesse culturelle.

Une réinterprétation du rap britannique
Sur «3x», le titre phare puise son inspiration dans «Wanna Know» (2016) de Dave. La voix unique de Legxacy donne une nouvelle perspective à ce classique. Il déclare : «Je ne veux pas savoir comme le vieux Dave» sur la chanson «DBAB», incarnant ainsi un retour aux racines culturelles.
Legxacy a confié à Rolling Stone que cette mixtape vise à créer un espace pour une identité culturelle britannique noire : «Beaucoup d’entre nous sont techniquement les premiers Britanniques dans toute notre lignée, et cela a un impact culturel énorme.» Il souligne que l’identité actuelle est encore en construction.
Des échantillons habilement intégrés
Au fil des titres, Legxacy déploie une variété d’échantillons emblématiques du paysage musical britannique. Dans sa pièce intitulée «Stick», il évoque Skepta tandis que sur «Sun», il intercale une référence au morceau «Did You See» de J Hus. Même lorsqu’il puise dans des artistes américains avec “New David Bowie”, ses créations demeurent résolument ancrées dans la culture britannique. Cette approche montre sa volonté d’élever les récits musicaux issus des expériences britanniques noires.
Narration personnelle au cœur de son écriture
Le premier single de cette mixtape, intitulé «Père», attire particulièrement l’attention grâce à sa narration captivante qui traite du trauma familial causé par un père absent. Environ quatre-vingt-dix secondes suffisent pour qu’il expose un arc narratif puissant en utilisant une mélodie accrocheuse sur fond de rythmes inspirés par le trap.
Sur le titre provocateur «Je viens de frapper un snus dans l’eau du Canada», il vocalise ses peurs face au passé : «Je ne peux pas les laisser me faire comme ils m’ont fait quand j’étais enfant».
Une sensibilité accrue envers ses luttes personnelles
L’un des moments forts reste sans doute «Context», où il partage ouvertement ses récentes épreuves marquées par la perte tragique de sa sœur cadette et les soucis sanitaires rencontrés par sa mère et son frère. Sur ce morceau, il exprime : « Je voulais montrer ce que ça faisait quand cela m’a rattrapé. » Son angle sensoriel met une lumière nécessaire sur les réalités difficiles vécues par beaucoup aujourd’hui.
son dernier projet n’en demeure pas moins empreint d’espoir malgré les blessures : “Il y aura toujours de la boue”.
La musique britannique noire comme celle-ci réussit ainsi à dépeindre non seulement des histoires individuelles mais participe aussi activement aux conversations socioculturelles actuelles. Avec «3x», Jim Legxacy affermirait alors une identité riche tout en continuant à tracer son propre chemin musical dans cette dynamique vibrante et significative.