Libération de Georges Ibrahim Abdallah : un tournant après 40 ans de détenu politique
Georges Ibrahim Abdallah, ancien chef d’un groupuscule libanais propalestinien, est sur le point d’être libéré après avoir purgé une peine de 40 ans en France. Cette décision judiciaire, bien que saluée par ses proches et partisans, suscite des réactions contrastées au niveau international, notamment en Israël.

Une décision de justice attendue depuis longtemps
La cour d’appel a ordonné jeudi la libération conditionnelle de Georges Ibrahim Abdallah à compter du 25 juillet. À 74 ans et incarcéré depuis 1984, il est l’un des plus anciens détenus de France. La décision stipule qu’il doit quitter le territoire français et ne pas y revenir, comme l’a précisé une source judiciaire à la fin d’une audience non publique.
Abdallah n’était pas présent lors du verdict. Néanmoins, dans un entretien avec une députée LFI (gauche radicale), il a déclaré : « S’ils ont accepté de me libérer, c’est grâce à cette mobilisation qui est ascendante ». Il considère que le temps passé derrière les barreaux perd son importance face à ce qu’il perçoit comme un lien fort entre la lutte des prisonniers politiques et celle des militants libres.
Son avocat Me Jean-Louis Chalanset a exprimé sa satisfaction : « C’est à la fois une victoire judiciaire et un scandale politique qu’il ne soit pas sorti plus tôt ».
Réactions variées aux conséquences internationales
Israël a réagi en regrettant la décision judiciaire. Dans un communiqué transmis par l’ambassade israélienne en France, on peut lire : « De tels terroristes, ennemis du monde libre, devraient passer leur vie en prison ». Ce contexte témoigne des pressions politiques pesant sur le dossier depuis des décennies.
Cette opposition peut être mise en regard du sentiment exprimé par Robert Abdallah qui s’est dit « heureux » que les autorités françaises aient réussi à s’affranchir des pressions israélo-américaines durant cette procédure. La réaction positive vient également du Liban où Ziad Taan a affirmé que « nous l’attendions depuis longtemps », ajoutant que son pays prendrait toutes les dispositions nécessaires pour organiser son retour.
Un symbole controversé
Le collectif soutenant Georges Abdallah parle déjà de « victoire » suite à cette annonce mais reste prudent quant aux possibles entraves futures. Tom Martin, membre actif de ce collectif déclare : « C’est d’abord une victoire de Georges Abdallah lui-même », soulignant son attachement inébranlable à ses convictions malgré quatre décennies derrière les barreaux.
Condamné en 1987 pour complicité dans l’assassinat des diplomates israélien et américain au début des années 80, Abdallah n’a jamais reconnu sa culpabilité tout en qualifiant ces actions d’« actes résistants » contre l’oppression israélienne et américaine.
À noter que son groupe historique ne mène plus aucune action violente depuis 1984 selon les informations judiciaires actuelles. Pour beaucoup aujourd’hui, il reste l’incarnation d’un passé complexe lié aux luttes palestiniennes.
Les jours prochains décideront si cette liberté tant attendue sera effective ou entravée par d’éventuels recours judiciaires provoqués par le parquet général français.