Léon XIV a été reproché d'avoir négligé à deux reprises des situations essentielles

L’élection de Léon XIV à la tête de l’Église catholique a suscité un accueil globalement positif, mais elle n’est pas exempte de controverses. L’attention se porte sur son passé concernant les violences sexuelles au sein du clergé, alors qu’il est accusé d’inaction face à plusieurs cas graves.

Les accusations pesant sur Robert Francis Prevost

Robert Francis Prevost, nommé cardinal par Léon XIV, est au cœur des préoccupations. Les organisations défendant les victimes d’abus sexuels dénoncent son rôle dans deux affaires distinctes. En 2000, en tant que superviseur provincial à Chicago, il aurait permis au père James Ray, sous interdiction depuis 1991 pour abus sur mineurs, de vivre près d’une école sans alerter les autorités scolaires. Sarah Pearson, porte-parole du Survivors Network of those Abused by Priests (SNAP), déclare que « l’école n’a jamais été prévenue », soulevant ainsi de sérieuses interrogations sur la protection des enfants.

Léon XIV a été reproché d’avoir négligé à deux reprises des situations essentielles

En 2022, alors évêque du diocèse de Chiclayo au Pérou, Robert Francis Prevost a fait face à des accusations similaires lorsque trois paroissiennes lui ont signalé que deux prêtres avaient abusé d’elles pendant leur jeunesse. Bien que le diocèse ait indiqué avoir ouvert une enquête canonique et conseillé aux victimes de porter plainte civilement, elles affirment n’avoir jamais été entendues ou considérées dans cette procédure.

Une commission rare mais critiquée

En parallèle, la plateforme Bishop Accountability souligne que Léon XIV a supervisé plusieurs dossiers portant sur des dirigeants ecclésiastiques accusés d’agressions sexuelles tout en maintenant le secret entourant ces procédures. Ils notent : « Sous sa direction, aucun évêque complice n’a été déchu de son titre. »

Bien que Léon XIV se soit engagé publiquement à soutenir les victimes et ait invité celles-ci à s’exprimer candidement face aux abus subis – affirmant en 2019 : « Au nom de l’Église, nous voulons dire aux gens qu’ils doivent venir le signaler » – ses efforts sont jugés insuffisants par certains groupes comme SNAP qui réclament une réelle transparence et accountability.

Un engagement sincère mais non suffisant ?

Il est important de noter qu’en tant qu’évêque au Pérou, Léon XIV avait créé une « commission de vérité » consacrée aux violences sexuelles – une initiative louable étant donné le contexte latino-américain où tels gestes restent rares. Cependant, Samuel Pearson insiste sur le fait que pour regagner la confiance des survivants et mettre fin au cycle d’abus répété dans l’Église catholique : « S’il ne s’excuse pas pour ses manquements […] il n’aura pas la crédibilité dont les survivants ont besoin. »

Alors que Léon XIV entame son pontificat entouré d’espoir et d’expectatives reformistes vis-à-vis des agressions sexuelles au sein du clergé catholique mondial, cet héritage trouble pourrait poser un défi majeur quant à sa légitimité pastorale face aux nombreuses atrocités passées.

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