Après mon licenciement, j'ai pris une année sabbatique pour enseigner l'anglais au Vietnam, changeant ma perception de moi-même

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Un parcours de reconnaissance culturelle

Peter Truong, un créateur de contenu canadien d’origine vietnamienne, a changé sa perspective sur son identité après son déménagement à Hô Chi Minh-Ville en 2024. Bien qu’il n’ait pas été profondément lié à ses racines durant son enfance à Vancouver, il considère désormais le Vietnam comme sa « deuxième patrie ». Né et élevé à Vancouver par des immigrants vietnamiens, Peter se souvient d’une enfance « très canadienne », marquée par l’amour du hockey et du sirop d’érable.

Après mon licenciement, j’ai pris une année sabbatique pour enseigner l’anglais au Vietnam, changeant ma perception de moi-même

Dans un contexte où peu de représentations asiatiques étaient visibles dans les médias, il cherchait à s’intégrer davantage au milieu occidental. « J’apportais un bánh mì à l’école et les enfants disaient : “Quelle est cette odeur ?” », relate-t-il.

Un changement déclic en 2017

Durant son parcours universitaire, Truong a décidé d’accepter une partie de son héritage asiatique, mais admet qu’il ne s’est jamais vraiment plongé dans sa culture vietnamienne.

Ce n’est qu’à l’âge adulte, lors de son premier voyage au Vietnam en 2017, que tout a changé pour lui. Après avoir perdu son emploi dans une entreprise technologique en 2022, il a décidé de réaliser un rêve vieux de plusieurs années : enseigner l’anglais en Asie. Il a ainsi déménagé à Hô Chi Minh-Ville en 2024 mais s’est rapidement heurté aux réalités linguistiques locales.

« Quand je décroche le téléphone, les gens commencent à parler rapidement en vietnamien », confie-t-il.

Adaptation dans un nouveau pays

Pemlme défaire face aux difficultés quotidiennes liées à la langue l’a amené à réfléchir sur le parcours de ses parents qui ont immigré au Canada sans maîtriser l’anglais. Après une année d’enseignement, il a décidé de se concentrer sur le métier de créateur de contenu.

Truong apprécie particulièrement certaines caractéristiques culturelles du Vietnam comme la sieste pendant le travail et affirme que la vie communautaire y est très dynamique : « Si je continue à aller dans le même café, les gens commencent à discuter avec moi. Bientôt nous serons amis ». Sa nouvelle vie lui a permis non seulement d’explorer ses racines vietnamiennes mais également d’évoluer personnellement : « Je n’avais pas besoin de déménager au Vietnam pour devenir une nouvelle version de moi-même », note-t-il avec lucidité.

Une leçon de vie apprise à l’étranger

Truong partage une citation qui résonne particulièrement étant donné ses insécurités avant ce déménagement : « Où que vous alliez, vous y êtes ». Selon lui, c’est fondamentalement en travaillant sur soi qu’on trouve un sentiment d’accomplissement personnel. La dualité entre ses deux identités culturelles devient évidente lorsqu’il évoque sa nostalgie alternée entre ces deux lieux : « Quand je suis au Vietnam, le froid au Canada me manque ; mais quand je suis à Vancouver , l’énergie du Vietnam me manque ».

Cela traduit bien cette ambivalence identitaire provoquée par ce vécu biculturel enrichissant. Au terme près d’un an et demi passé au Vietnam, Peter Truong conclut que sa véritable identité repose sur la coexistence harmonieuse entre ces deux cultures : « Je suis 100% canadien et 100% vietnamien. C’est ce qui fait de moi un enfant d’une troisième culture ».

Passionné de sport et grand fan de la NBA je m’intéresse autant aux grands événements internationaux qu’aux histoires humaines qui se jouent en coulisses. Curieux et amateur de voyages, j’aime transmettre l’énergie et les émotions qui font vibrer le monde du sport.