Dans son nouvel ouvrage intitulé « Ce que j’ai appris de vous » (éd. Calmann Lévy), l’ancien Premier ministre Michel Barnier évoque des moments clés de sa carrière politique, dont un concert mémorable de Stevie Wonder en 1984. Il y souligne le rôle crucial de la musique comme vecteur d’unité et d’engagement civique, tout en interrogeant le rapport entre les citoyens et leurs représentants.
Un moment marquant : le concert de Stevie Wonder
Michel Barnier se remémore avoir assisté au concert de Stevie Wonder le 3 juillet 1984, alors qu’il était député de Savoie. À cette occasion, il a fait le choix audacieux d’« sécher les travaux de l’Assemblée nationale » pour vivre pleinement ce moment musical. Dans son livre, il explique : « Je voulais entendre et surtout vivre cette superbe chanson, “Happy Birthday”, que Stevie Wonder composa à la gloire de Martin Luther King ». Cette chanson était un plaidoyer pour établir un jour férié en l’honneur du leader afro-américain.

Barnier cite également une phrase inspirante du musicien : « Tout ce qu’on imagine assez fort finit toujours par se réaliser », faisant référence à la signature par Ronald Reagan du décret établissant ce jour férié.
Pour une politique qui rassemble
Au fil des pages, Barnier insiste sur l’importance de la musique comme élément fédérateur autour des valeurs communes. Dans le chapitre intitulé « Pour une politique qui rassemble : si nous étions Stevie Wonder », il pose une question troublante pour lui-même concernant les hommes politiques capables d’attirer l’attention des jeunes lors d’un concert. Il note qu’il avait peine à voir qui pouvait incarner cet idéal.
Barnier évoque quelques noms tels que Jean-Luc Mélenchon, dont il souligne les effets divisifs récents ou Jordan Bardella qui a su capter une partie des voix jeunes sans réellement nourrir leurs aspirations profondes. D’après lui, Emmanuel Macron pourrait être celui capable d’une telle performance scénique malgré les critiques qu’il reçoit.
Il exhorte finalement les jeunes à prendre part au débat démocratique : « Engagez-vous ! Si vous ne vous occupez pas de politique, c’est la politique qui s’occupera de vous ».
Un appel à croire en la démocratie
Barnier conclut sur une note optimiste quant aux potentialités d’une mobilisation collective autour des valeurs politiques plutôt que simplement autour des personnalités. Il rappelle ainsi que 250 000 personnes avaient écouté Martin Luther King partager son rêve et qu’un nombre équivalent avait manifesté en France pour réclamer l’abolition de la peine capitalle.
Par ces réflexions personnelles et sociétales, Michel Barnier souhaite pousser chacun à réactiver leur engagement envers un avenir meilleur pour leur pays.