La chasse et la corrida au cœur de deux chansons engagées
Les chanteurs Michel Delpech et Francis Cabrel, à vingt ans d’intervalle, abordent avec sensibilité les thématiques d’un combat contre la chasse et la corrida, deux pratiques aujourd’hui largement contestées. Leurs titres témoignent d’une réflexion profonde sur le rapport à l’animal et à la nature.
Une réflexion sur la chasse
En 1974, Michel Delpech, figure emblématique de la chanson française, aborde le thème de la chasse dans son titre « Le chasseur ». Plutôt que de critiquer frontalement cette pratique, il choisit une approche empathique en se plaçant du point de vue du chasseur lui-même. À « 5 heures du matin », ce dernier se promène dans les marais accompagné de son épagneul. Un moment introspectif : « Avec mon fusil dans les mains, au fond de moi, je me sentais un peu coupable », déclare-t-il.
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La chanson évoque une mélancolie face à la beauté naturelle environnante. Les paroles coécrites avec Jean-Michel Rivat illustrent bien cet équilibre entre admiration pour la nature et culpabilité liée à l’acte de tuer des animaux. Son succès est tel qu’en juillet 1975, alors président, Valéry Giscard d’Estaing invite Delpech à chanter ce morceau lors d’une émission télévisée.
La critique acérée de la corrida
Deux décennies plus tard, c’est Francis Cabrel qui s’attaque directement à l’institution de la corrida. Inspiré par une représentation vécue à Bayonne, il compose un titre poignant où il adopte le point de vue du taureau : « Depuis le temps que je patiente dans cette chambre noire » décrit l’enfermement avant le combat tant redouté.
Les paroles rendent compte des horreurs subies par l’animal avec force détails : « Ils ont frappé fort dans mon cou pour que je m’incline », témoignant ainsi d’une douleur palpable implacable durant toute sa performance. Le refrain poignant pose une question essentielle sur notre société : « Est-ce que ce monde est sérieux ? ».
Avec des accents folk-rock empreints des rythmes hispaniques typiques du flamenco, Cabrel nous offre une véritable homélie contre ces pratiques cruelles.
Des styles différents mais un même message
Bien que les deux artistes dénoncent des violences infligées aux animaux—la chasse pour Delpech et la corrida pour Cabrel—leur manière diffère significativement. Si Cabrel incarne sa protestation via des mots puissants , Delpech opte davantage pour une suggestion douce insufflant des réflexions sans agression directe.
Finalement, malgré leurs différentes approches stylistiques – “c’était bien, c’était chouette” selon certains observateurs -, ces chansons font écho aux préoccupations contemporaines relatives au traitement réservé aux animaux vis-à-vis d’un public réceptif croissant aux revendications environnementales et éthiques qui ne cessent d’évoluer aujourd’hui encore.