Ghislaine Maxwell : Le ministère de la Justice s’oppose à son appel
Le cas de Ghislaine Maxwell, condamnée à 20 ans de prison pour avoir facilité la traite de jeunes filles vers Jeffrey Epstein, suscite un regain d’intérêt. Le ministère de la Justice (DOJ) des États-Unis a officiellement répondu à l’appel déposé par Maxwell auprès de la Cour suprême, réaffirmant son refus de divulguer des documents liés à cette affaire.

Réponse du ministère de la Justice
Dans un mémoire déposé ce lundi, les avocats du DOJ ont exhorté la Cour suprême à ne pas annuler la condamnation pénale de Ghislaine Maxwell. Cette dernière conteste sa peine en arguant qu’elle aurait dû être protégée par un accord conclu entre Epstein et un procureur fédéral en Floride. Les avocats du DOJ soulignent que cet accord n’aurait pu empêcher des poursuites dans d’autres districts.
« Il serait extrêmement étrange que le NPA ait laissé Epstein s’ouvrir à des poursuites fédérales dans un autre district – comme cela s’est finalement produit » déclarent-ils.
Maxwell a été reconnue coupable en décembre 2021 par un jury devant la Cour fédérale de Manhattan pour trafic sexuel et abus sur plusieurs victimes mineures.
Controverses autour des révélations
Cette affaire se retrouve au cœur d’une controverse plus large. L’ex-président Donald Trump, qui avait promis durant sa campagne électorale une transparence autour des « fichiers d’Epstein », a encouragé ses partisans à tourner leur attention ailleurs, appelant notamment à « ne pas perdre de temps et d’énergie sur Jeffrey Epstein »
Une inversion inattendue est survenue lorsque le DOJ a déclaré qu’aucune autre divulgation concernant l’affaire n’était « appropriée ou justifiée »contrairement aux promesses précédentes.
L’accord controversé avec Epstein
Les appels juridiques déposés par Maxwell évoquent principalement l’accord auspicié en 2007 qui lui accorde une protection indue contre les poursuites. Dans cet accord, il était stipulé que « les États-Unis n’accepteront aucune accusation criminelle contre les co-conspirateurs potentiels d’Epstein »Toutefois, ce même accord ne semblait pas contraindre les procureurs dans le district sud de New York, selon le juge ayant supervisé le procès ainsi que celui dont on attend la décision au sein du circuit judiciaire supérieur.
David Oscar Markus, avocat représentant Maxwell dans son appel, soutient qu’il existe différentes interprétations légales selon les juridictions concernant ces accords : « Malgré le fait que le terme « États-Unis » ait une signification largement acceptée. cela signifie quelque chose de différent dans le New Jersey que de l’autre côté du fleuve à New York. »
Le mémoire soumis par le DOJ rappelle également que seule une instance juridique peut autoriser une telle liaison entre différents districts judiciaires sans consentement explicite.
Conséquences pour les impliqués
L’équipe initiale chargée des poursuites manifeste encore son engagement dans cette affaire cruciale malgré certains départs notables du département judiciaire. Surprise et intérêt émergent parmi divers acteurs politiques engagés dans ce dossier complexe allant bien au-delà des simples poursuites pénales.
L’enquête autour de Jeffrey Epstein représente toujours une toile labyrinthique où se mêlent justice pénale et enjeux politiques majeurs.