Roschdy Zem évoque son parcours et son nouveau rôle dans « 13 jours, 13 nuits ».
Dans une interview accordée à Paris Match, l’acteur Roschdy Zem revient sur son évolution professionnelle, son engagement pour des rôles significatifs et la responsabilité qui en découle. Son dernier film, « 13 jours, 13 nuits », de Martin Bourboulon, aborde le sort tragique du peuple afghan après le retrait des troupes occidentales. Les thèmes de l’humanité et de la représentation au cinéma y sont au cœur de sa démarche.

Un chemin inattendu vers le cinéma
Roschdy Zem confie qu’il n’aurait jamais imaginé être acteur, encore moins interpréter un héros tel que Mohamed Bida. Il se remémore : « Je n’imaginais même pas continuer ce métier… Quand je fais ce film, je pense encore n’être que de passage. » Malgré sa montée fulgurante lors du Festival de Cannes, il rappelle ses débuts modestes derrière un stand aux puces de Clignancourt.
La préparation avant tout
Zem a pris ses précautions avant d’entrer dans la peau d’un personnage aussi complexe. Pour donner vie à Mohamed Bida dans « 13 jours, 13 nuits », il a rencontré des réfugiés afghans et appris davantage sur leur histoire : « On ne peut pas aborder ce genre de rôle sans se documenter un minimum… Nous avons une dette envers cela », déclare-t-il.
Il souligne également l’importance d’avoir des failles dans les personnages qu’il incarne : « On voulait ici que mon personnage ait des failles et qu’il ne soit pas assuré d’être le vainqueur ». L’actuel climat humanitaire en Afghanistan lui impose une certaine responsabilité cinématographique.
Un devoir moral envers le public
Zem est conscient que faire un film sur ce sujet engendre un poids supplémentaire. Il évoque l’actualité brûlante du livre de Mohamed Bida dont l’adaptation cinématographique reflète une réalité douloureuse : « Il faut qu’il y ait un message qui s’apparente à une forme de combat ». Son choix est conscient ; il désire éveiller les consciences face au sort du peuple afghan trop souvent ignoré.
Des questions sociétales troublantes
Interrogé sur des enjeux contemporains comme le port du voile en France, Roschdy Zem souligne les complexities individuelles entourant cette question : « Derrière le voile, il y a une femme… On tend à essentialiser ». Loin d’un regard manichéen, il prône plutôt la discussion nuancée autour des représentations féminines au cinéma. Engagé face aux stéréotypes masculins traditionnels dans l’industrie du film aujourd’hui, il refuse les rôles où les femmes sont marginalisées.
Passion pour la danse
Bien qu’il adore la danse contemporaine et reconnaisse son pouvoir émotionnel via le corps humain, plus fort selon lui que n’importe quel film, Roschdy Zem reste circonspect quant à réaliser ou jouer dans une comédie musicale : « Je serais incapable ». Toutefois, ces éléments artistiques font écho à ses récents films où la danse est intégrée comme sujet puissant.
Regarder vers l’avenir
L’acteur exprime avoir dépassé le syndrome de l’imposteur grâce à sa carrière croissante derrière la caméra. Prochainement vu dans « Moi qui t’aimais » réalisé par Diane Kurys, où il incarne Yves Montand, il aborde cette nouvelle étape avec courage malgré toute appréhension initiale liée au personnage emblématique : « Vous êtes aujourd’hui à la société française ce que Montand était à celle des années 1970 ». Avec presque soixante ans en ligne de mire, Roschdy Zem conclut sobrement que c’est maintenant ou jamais pour accepter des défis cinématographiques audacieux.
Le film « 13 jours, 13 nuits » prévu pour sortir le 27 juin, promet non seulement d’engager mais également d’inciter chacun à réfléchir sur notre monde contemporain difficilement accessible par autant d’épreuves humaines silencieuses.