Le prince Paul de Roumanie remis en liberté par la cour d’appel de Paris
Le prince Paul de Roumanie, sous le coup d’un mandat d’arrêt européen émis par Bucarest, a été placé sous contrôle judiciaire et interdit de quitter le territoire français après une décision favorable rendue par la cour d’appel de Paris le 16 avril 2025. Ce mandat est lié à des accusations graves portées contre lui en Roumanie.

Le prince Paul Philippe al României, âgé de 76 ans et descendant du roi Carol II de Roumanie, a été interpellé chez lui à Paris. Il avait été incarcéré le 7 avril suite à un nouveau mandat d’arrêt européen émis un mois plus tôt par les autorités roumaines. La chambre des extraditions a décidé sa remise en liberté immédiate, invoquant son âge avancé et des raisons médicales justifiées dans son dossier.
L’avocate du prince, Me Miriame Laïchi, s’est exprimée sur cette décision : « Cette décision confirme que la France, comme d’autres juridictions européennes, refuse de devenir l’instrument d’un acharnement judiciaire et politique orchestré par l’État roumain dans le seul but de l’empêcher de faire valoir ses droits dans la succession royale ». Elle a également précisé que « le droit a parlé » et que « les droits humains du prince Paul doivent être respectés ».
Une prochaine audience pour examiner ce mandat aux conséquences potentiellement lourdes est prévue pour le 14 mai prochain. L’avocat général a plaidé pour sa remise en liberté immédiate compte tenu des garanties offertes concernant sa représentation au tribunal.
Accusations contre Paul de Roumanie
Paul de Roumanie fait face à des accusations graves selon lesquelles il aurait collaboré avec une bande d’escrocs entre 2006 et 2013, visant à récupérer des propriétés qu’il revendiquait comme héritier royal. Le préjudice allégué est évalué par les procureurs roumains à 145 millions d’euros. Lors de son audience devant la cour parisienne, il s’est dit stupéfait : « C’est incroyable qu’ils aient refait un mandat d’arrêt alors qu’ils savent que je suis innocent », ajoutant être « très déçu » par son pays.
Un premier mandat avait déjà été émis le 18 décembre 2020, consécutif à sa condamnation en appel. Toutefois, la chambre des extraditions française avait refusé cette extradition en novembre 2023, mentionnant un risque réel pour les droits fondamentaux garantis par l’Union européenne.
En avril 2024, lors d’une visite officielle à Malte, il avait aussi échappé à une éventuelle extradition vers la Roumanie lorsque les juges locaux avaient débouté les demandes réclamant son retour au pays.
Contexte historique
La famille royale roumaine fut chassée du pays en 1947 par les communistes qui confisquèrent leurs biens. Les conflits autour des propriétés héritées persistent depuis lors et continuent d’alimenter les tensions entre Paul et l’État roumain.
Enjeux juridiques
Cette affaire soulève maints enjeux juridiques complexes relatifs aux droits individuels face aux convoitises politiques liées aux successions royales dans un contexte européen où différents systèmes judiciaires se croisent souvent sans harmonisation claire.