Philippe Labro, parolier emblématique de Johnny Hallyday, est décédé le 4 juin à 88 ans.
Une carrière aux multiples facettes
En 1970, Johnny Hallyday, en quête de renouveau artistique après les années soixante, se tourne vers Philippe Labro pour obtenir des textes plus profonds. Ensemble, ils créent l’album Vie, qui représente une rupture dans la discographie du rockeur désormais moustachu et engagé.

Le scandale de « Jesus Christ »
En 1970, Johnny Hallyday, en quête de renouveau artistique après les années soixante, se tourne vers Philippe Labro pour obtenir des textes plus profonds. Ensemble, ils créent l’album Vie, qui représente une rupture dans la discographie du rockeur désormais moustachu et engagé.
Parmi les morceaux remarquables figurent « Le monde entier va sauter » et « Poème sur la 7e ». Cependant, c’est la chanson « Jesus Christ » qui suscite le plus d’indignation. Dans ce titre provocateur, Labro décrit un Jésus réincarné au cœur du mouvement hippie à San Francisco, consommant de la marijuana et défendant les droits humains face aux inégalités sociales : « J’avais noté une ressemblance frappante entre le mouvement hippie et quelque chose de Jésus-christique », confie-t-il dans une interview accordée à François Jouffa.
La réaction fut vive : selon Johnny Hallyday lui-même, cela lui valut « l’hostilité de toute la bonne société catholique ».
Un boycott médiatique
À sa sortie en 1970, « Jesus Christ » est immédiatement boycottée par plusieurs chaînes radio telles que l’ORTF et France Inter. Michel Droit dénonce même cette audace comme un exemple d’« inconscience, voire d’indécence ». Néanmoins, le soutien d’Europe 1 permet au morceau de toucher son public ; il devient numéro un des ventes avec 400 000 exemplaires écoulés.
Peu après cette controverse sans précédent dans le paysage musical français, rappelons qu’elle arrive peu après Je t’aime… moi non plus de Gainsbourg et Birkin, Rome s’invite au débat en menaçant d’excommunier Philippe Labro et Johnny Hallyday.
Pour sa part, Johnny défendait ses intentions : « Je suis croyant et je suis chrétien. Je suis sûr que Jésus ne m’en veut pas ».
Une collaboration fructueuse
Malgré cette tempête médiatique autour de leur création commune étudiée sous différents angles éthiques ou moraux, ce qui ne fait qu’amplifier leur notoriété, Johnny Hallyday et Philippe Labro continuèrent leur collaboration musicale. Un an après le tumulte causé par leur première œuvre troublante sort l’album Flagrant Délit, incluant parmi ses titres des succès tels que « Fils de personne » ou encore « Oh ! Ma jolie Sarah », où les polémiques sont enfin mises sous silence.
La relation complexe entre provocation artistique et expressions spirituelles demeure donc toujours aussi pertinente aujourd’hui à travers des œuvres jugées iconoclastes mais enrichissantes sur le plan culturel ainsi que religieux dans leur contexte historique respectif.