Chapô : Des chercheurs britanniques ont établi un lien significatif entre la pollution de l’air et la démence, après avoir analysé des données sur près de 30 millions de personnes dans le monde. Cette étude, publiée dans le Lancet Planetary Health, souligne l’importance d’une action politique pour réduire les risques liés à l’exposition aux polluants.
Des preuves établissant le lien entre pollution de l’air et démence
À St. Paul, Minnesota, le 24 juillet, une équipe de chercheurs de l’Université de Cambridge a publié des résultats marquants liant pollution atmosphérique et démence, affirmant avoir trouvé « des preuves significatives » en étudiant les données compilées depuis quatre continents.

L’article publié dans le Lancet Planetary Health repose sur une analyse rigoureuse qui inclut les résultats de 32 études ayant impliqué plus de 29 millions de participants, principalement situés dans des pays à revenu élevé tels que ceux d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Asie, ainsi qu’en Australie.
Les chercheurs ont mis en évidence une « association positive et statistiquement significative » entre la démence et l’exposition prolongée à trois types principaux de polluants : les particules fines (PM2.5), le dioxyde d’azote et la suie. Ils notent que les risques augmentent avec des niveaux d’exposition croissants ; chaque augmentation supplémentaire de 10 microgrammes par mètre cube (μg/m³) dû aux PM2.5 accroît le risque relatif de démence de 17%. À titre comparatif, la mesure moyenne pour PM2.5 près des routes à Londres est estimée à 10 μg/m³ en 2023.
Pour ce qui est du dioxyde d’azote, chaque augmentation similaire entraîne une hausse du risque relatif d’environ 3%. Quant à la suie, un accroissement même minime peut entraîner une augmentation du risque relatif jusqu’à 13% pour chaque μg/m³ supplémentaire.
Conséquences alarmantes pour la santé publique
Le Dr Haneen Khreis, principale auteure étudiante au MRC Cambridge a déclaré que ces résultats fournissent « des preuves supplémentaires soutenant l’observation selon laquelle l’exposition à long terme à la pollution extérieure est un facteur déterminant pour le développement démences chez ceux précédemment en bonne santé ».
Elle souligne également que cette question ne concerne pas seulement la population urbaine des pays développés : « Les groupes marginalisés dans les pays à faible ou moyen revenu sont également exposés au risque accru ».
Les chiffres concernant l’épidémie mondiale sont préoccupants ; actuellement environ 57 millions personnes vivent avec cette condition neurologique dévastatrice au niveau mondial. Ce nombre pourrait quasiment tripler pour atteindre 153 millions d’ici 2050 si aucune mesure concrète n’est prise.
Urgence d’une action coordonnée
Khreis fait appel à un changement radical qui nécessite « une transition vers les énergies propres renouvelables », ainsi que « des efforts multisectoriels » comparables aux réponses apportées lors antérieures crises sanitaires globales.
L’élargissement géographique tant désiré doit tenir compte non seulement des facteurs environnementaux mais aussi sociétaux permettant aux populations vulnérables un accès égalitaire face auprès soins accrus.
Idéalement il devra prendre forme sous influence directe au niveau gouvernemental avec implications sociales significatives impactant vies durablement affectées,