La ministre Juliette Méadel visite Marseille
La ministre déléguée chargée de la Ville, Juliette Méadel, a effectué le 12 juin une visite inopinée dans le IIIe arrondissement de Marseille. Son objectif principal était d’évaluer l’état des logements sociaux et d’intervenir sur les problèmes de délinquance qui affectent ces quartiers défavorisés.
Constat alarmant sur place
Malgré une blessure au pied, Juliette Méadel a arpenté les rues en compagnie d’Isabelle Épaillard, la préfète déléguée. Devant un sol encombré d’ordures, elle a exprimé son mécontentement envers les bailleurs sociaux : « Ça, ça vient d’être nettoyé ? Faut le redire au bailleur social ! ».

La ministre a pris différentes photos tout en observant le comportement de jeunes hommes sur place. Elle s’est interrogée sur la nécessité d’une telle visite pour réaliser que certains quartiers sont en déshérence. Elle a affirmé vouloir « ressentir la peur de tous face à des types surarmés qui maîtrisent les lieux ». Pour elle, il est crucial que tous, élus, État, habitants et associations, collaborent pour améliorer la situation.
Bailleurs sociaux sous pression
Avec un budget ministère modestement fixé à 600 millions d’euros, Juliette Méadel a décidé de mettre davantage de pression sur les bailleurs sociaux afin qu’ils réagissent aux défis rencontrés. Lors de cette visite mensuelle à Marseille, trois bailleurs ont été particulièrement ciblés pour leur gestion inefficace. L’un d’eux, 13 Habitat, doit résoudre avant le 15 juillet des problèmes graves d’entretien sous peine de perdre son abattement fiscal significatif qui lui rapporte chaque année près de 315 millions d’euros.
« Avec la saleté, c’est la dignité des gens qui est atteinte », souligne-t-elle alors que 85% des habitations contrôlées se trouvent désormais dans une situation acceptable ou en voie d’amélioration. Même si cela représente un progrès par rapport aux années précédentes où 300 délégués surveillaient divers départements en France.
Les difficultés persistent
Cependant, l’entretien adéquat reste menacé par divers trafics dans certaines zones qui diagnostiquent déjà davantage de désordre et interfèrent avec les activités nécessaires au bon fonctionnement des services publics locaux, ascensoristes et sociétés de sécurité étant particulièrement touchés par ces menaces répétées.
Frédéric Lavergne, directeur d’Erilia gérant plus de 90 000 logements, exprime ses réserves quant aux mesures coercitives adoptées : « Nous avons d’abord été surpris par le côté coercitif. On s’est rendu compte que seulement 18% étaient consacrés au « surentretien » ». Cette prise conscience l’a poussé à réexaminer leurs priorités financières liées à l’entretien locatif.
Pauvreté et santé mentale en ligne de mire
Pouvant être intervenante essentielle dans ce cadre difficile, Juliette Méadel souhaite intensifier les efforts autour du problème du lien entre pauvreté et santé mentale. Ce dispositif inclut « Mon soutien psy » conçu pour aider directement ceux qui résident fréquemment dans des territoires sensibles où sa présence psychosociale déterminante peut être mise effectivement au profit d’initier des changements significatifs à long terme.
Une démarche politique encouragée mais critiquée
Gilles Leproust, président associé Ville & banlieue, émet des doutes concernant la cohérence générale vis-à-vis de la thématique des quartiers précités, bien que satisfait du dialogue productif mené notamment depuis le début du ministère. Il souligne que suffisamment de contact direct avec les acteurs importants afférents sans jamais occulter les niveaux politique supérieur requiert un sérieux effort.